Saga Roms : des échanges "virils" mais peu concluants

17/09/10 à 16:28 - Mise à jour à 16:28

Source: Le Vif

Les qualificatifs désignant le débat sur la politique de la France vis-à-vis des Roms ont fusé hier au sommet européen à Bruxelles. On parle d'échanges "animés", "vifs", "mâles et virils" voire "très violents" entre le président français Nicolas Sarkozy et le président de la Commission José Manuel Barroso.

Saga Roms : des échanges "virils" mais peu concluants

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La discussion, qui n'était pas prévue à l'ordre du jour mais s'est invitée au débat après les passes d'armes verbales des derniers jours, aura duré près de deux heures, selon une source européenne.

Opposant d'un côté un président français qui se dit choqué par le parallèle dressé par la Commissaire européenne Viviane Reding entre les expulsions de Roms en France et les déportations de la Seconde guerre mondiale. Comparaison douteuse, certes, mais pour laquelle la commissaire a depuis exprimé ses "regrets". Et de l'autre côté, un José Manuel Barroso défenseur de la ligne de la Commission comme gardienne des traités, qui a lancé à ce titre une procédure d'infraction contre la France. Il a à ce titre rappelé que "la discrimination des minorités ethniques est inacceptable".

Mensonges et faux-semblants

Nicolas Sarkozy a démenti tout accrochage verbal avec M. Barroso et dit ne pas vouloir polémiquer, après quoi il a ajouté "l'avantage quand on sait maîtriser son expression, c'est que l'on n'a pas besoin de s'excuser par après". Dans la foulée, il a annoncé son intention de poursuivre le démantèlement de "tous les camps illégaux".

Ces échanges, si virils soient-ils, n'ont toutefois abouti à aucune conclusion, mais feront l'objet d'une prochaine réunion sur l'intégration des minorités. Cette réunion portera essentiellement sur les raisons pour lesquelles les fonds européens destinés à l'intégration des minorités, dont les Roms font partie, sont sous-utilisés par les Etats, ainsi que sur le manque de contrôle de ces fonds.

Le site du Monde rapporte également que M. Sarkozy affirmait jeudi à Bruxelles que la chancelière allemande lui avait confié avoir elle aussi l'intention de procéder dans les prochaines semaines à "des évacuations de camps". "Nous verrons à ce moment-là le calme qui règne dans la vie politique allemande", avait poursuivi M. Sarkozy. Une information aussitôt démentie par des diplomates allemands.

LeVif.be, avec Belga

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