Production d'oeufs: la situation est "déplorable"

09/08/13 à 15:35 - Mise à jour à 15:35

Source: Le Vif

(Belga) Le prix des oeufs a chuté en Belgique. Pour Ana Granados, conseillère au Service d'Études de la Fédération wallonne de l'Agriculture, la situation est "déplorable". En Bretagne mercredi, des producteurs ont jeté symboliquement 100.000 oeufs. Le "ras-le-bol" des éleveurs est compréhensible, tant en France qu'en Belgique, car la "situation est européenne".

Production d'oeufs: la situation est "déplorable"

En janvier 2012, une nouvelle directive européenne instaurait l'interdiction des cages de batterie pour les poules pondeuses, engendrant une hausse des coûts de production et du coût des produits. Actuellement, le prix des oeufs "aux 100 pièces est de 3, 4 ou 5 euros selon calibre", or le coût de production de cette même quantité se situe pour un éleveur entre 7 et 8 euros. Philippe Chaput, directeur marketing du fabricant des oeufs Colombus Belovo, parle d'un "seuil vital" atteint, en-dessous duquel la situation devient économiquement critique pour les producteurs. Il renvoie également à la directive européenne de 2012. Des éleveurs "ont arrêté, d'autres se sont mis aux normes", "tout cela a pris du temps, durant lequel la demande était supérieure à l'offre". Mais aujourd'hui, c'est la consommation qui diminue, alors qu'"on a récupéré le rythme de production de 2011", explique Ana Granados. Pour ce directeur marketing, le fait que des pays comme l'Italie ou l'Espagne doivent exporter leurs produits, "à cause d'une baisse drastique de la consommation nationale", joue aussi un rôle. Il prévoit toutefois une remontée des prix, liée notamment "à l'augmentation du prix des céréales". Ces variations de cours peuvent avoir un impact sur certains secteurs, comme la boulangerie. Selon Albert Denoncin, président de la Fédération des Maîtres boulangers pâtissiers, la baisse ne s'est toutefois pas encore fait sentir et l'impact "resterait minime". Par contre, en 2012, le prix "était passé du simple au double en quinze jours". "Mais nous n'avions pas augmenté le prix de nos produits, car c'était momentané". (Belga)

Nos partenaires