Procès Eternit - Affluence au tribunal de Turin - Le procès en appel ajourné à lundi

14/02/13 à 13:35 - Mise à jour à 13:35

Source: Le Vif

(Belga) Des centaines de personnes se sont rendues jeudi au tribunal de Turin pour l'ouverture du procès en appel des victimes italiennes de l'amiante. Les deux ex-dirigeants de la société Eternit S.p.a Gênes, le belge Louis de Cartier et le suisse Stéphan Schmidheiny, seront jugés par contumace.

Procès Eternit - Affluence au tribunal de Turin - Le procès en appel ajourné à lundi

Comme lors du procès en première instance, les deux hommes n'étaient pas présents dans la salle, ont indiqué les agences de presse italiennes. L'audience a ensuite été ajournée à lundi. Le procès devrait durer jusqu'en mai, avec des audiences tous les lundis, mercredis et vendredis. Plusieurs associations de victimes de l'amiante se sont mobilisées dans la matinée, à proximité du palais de justice de Turin. Outre deux membres de l'Association belge des victimes de l'amiante (Abeva), 85 Français étaient présents et une septantaine de cars ont acheminé des proches et sympathisants des victimes de Casale (entre Turin et Milan). "C'était important, pour nous Belges, de montrer notre solidarité à l'égard des victimes italiennes", a commenté le co-président de l'Abeva, Eric Jonckheere, qui rappelle que "de nombreuses décisions, qui ont touché tant de vies humaines, ont été prises en Belgique". M. Schmidheiny et son associé Louis de Cartier avaient été condamnés en février 2012 à seize ans de prison et à des dommages et intérêts se chiffrant en millions d'euros. Les juges ont estimé qu'ils ont causé intentionnellement une catastrophe écologique et ne se sont pas conformés aux mesures de sécurité dans deux usines d'Eternit du Piémont, à Cavagnolo et à Casale Monferrato. En juillet, la défense de M. Schmidheiny avait déposé un recours, arguant que le tribunal de Turin n'était pas compétent pour traiter cette affaire. Selon elle, seule une cour d'assises aurait été compétente dans ce jugement sur l'amiante. Les avocats du milliardaire suisse ont fondé leur demande sur le fait que, selon le Code de procédure pénale italien, c'est la cour d'assises qui est responsable d'éventuels crimes commis intentionnellement ayant causé la mort d'une ou plusieurs personnes, et non un tribunal pénal. Le ministère public italien a lui aussi déposé un recours en juin. Il a réclamé que les deux accusés soient également condamnés dans les cas des deux autres usines italiennes du groupe, que le tribunal de Turin avait jugés prescrits. MM. Schmidheiny et de Cartier ont alors annoncé qu'ils feraient recours contre leurs condamnations respectives. L'amiante était utilisée massivement, en particulier dans le secteur de la construction. Elle est jugée responsable de 10 à 20% des cancers du poumon et pourrait provoquer 100.000 décès d'ici à 2025, selon les autorités sanitaires françaises. (PVO)

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