prix Abel 2013: "Les maths sont un plaisir esthétique intense"

20/03/13 à 16:29 - Mise à jour à 16:29

Source: Le Vif

(Belga) "Les mathématiques sont un plaisir esthétique intense", estime Pierre Deligne, le mathématicien belge ayant remporté mercredi le prix Abel, considéré comme le Nobel de mathématiques. Le Bruxellois a fait cette déclaration dans un livre de Dirk Huylebrouck qui paraîtra à la mi-mai en néerlandais, "België + Wiskunde" (Belgique + Mathématiques), d'où sont tirés les éléments biographiques suivants.

prix Abel 2013: "Les maths sont un plaisir esthétique intense"

Pierre Deligne est né le 3 octobre 1944 à Etterbeek. C'est vers 14 ans qu'il tombe amoureux des maths en feuilletant un ouvrage universitaire. Il comprend alors qu'il pourrait faire de sa passion son métier. Il s'inscrit à l'Université libre de Bruxelles en 1962 et termine ses études par une année à l'Ecole Normale Supérieure de Paris en tant que "pensionnaire étranger". Une fois sa licence en mathématiques en poche, il intègre alors le Fonds national de la recherche scientifique (FNRS) comme chercheur avant d'étudier au prestigieux Institut des Hautes Études Scientifiques (IHES), près de Paris. Il obtient son doctorat en 1968 sous la direction de Alexander Grothendieck, un Allemand considéré comme le plus grand mathématicien de la seconde moitié du XXe siècle. En 1984, il traverse l'Océan atlantique pour s'établir au très renommé Institute for Advanced Study (IAS) de l'université de Princeton. Détail amusant car Deligne se décrit comme un amoureux de la Russie, pays où il a d'ailleurs rencontré sa femme. Pierre Deligne est élevé au rang de vicomte par le roi Albert II en 2006, peu de temps avant de voir son portrait affiché sur une série de timbres. Le mathématicien consacré mercredi par l'Académie norvégienne des Sciences et des Lettres vit toujours aujourd'hui à Princeton, où il enseigne à l'IAS. Interrogé sur sa vivacité d'esprit, il répond modestement que "c'est facile de répondre rapidement quand on a eu des années pour réfléchir à la réponse". Âgé de 68 ans, il avoue cependant craindre de perdre peu à peu sa rapidité de réflexion. "Mais c'est pour cela que je respecte les jeunes chercheurs." Pierre Deligne recevra son prix des mains du roi Harald de Norvège le 21 mai à Oslo. (PLE)

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