Pourquoi n'y a-t-il jamais eu de véritable enquête sur l'affaire Trusgnach?

18/02/14 à 12:14 - Mise à jour à 12:14

Source: Le Vif

(Belga) Pourquoi n'y a-t-il jamais eu de véritable enquête sur l'origine de l'affaire Trusgnach, se demande le premier ministre Elio Di Rupo dans un entretien publié par l'hebdomadaire flamand "Humo".

En 1996, dans le sillage de l'affaire Dutroux, un jeune homme, Olivier Trusgnach, a accusé M. Di Rupo d'avoir entretenu une relation avec lui alors qu'il était mineur. Les accusations s'étaient avérées mensongères mais l'affaire fit grand bruit et faillit provoquer la démission du socialiste, à l'époque vice-premier ministre dans le gouvernement Dehaene II. Dans le cadre du programme télévisé "Kroost", un journaliste flamand a suivi pendant un an la vie du Premier ministre. Humo a publié mardi certains entretiens tirés du reportage. "Ce qui m'intrigue aujourd'hui, c'est de savoir pourquoi il n'y a eu jamais eu une véritable enquête sur l'origine de cette histoire. L'un des deux agents qui a sorti cette affaire s'est suicidé. Mais il n'y a jamais eu une enquête judiciaire sur le pourquoi de cet acte. Jamais. Voilà, et il faut vivre avec ça", a expliqué M. Di Rupo. Le premier ministre dit ignorer les raisons de cette absence d'enquête. "Je ne sais pas. Ca, vous devez leur demander. Apparemment, dans la police et la justice, il y avait un certain nombre de personnes qui ne pouvaient pas résister à la tentation de mettre à genoux le numéro 2 du gouvernement. Vous savez, j'espère encore toujours que la vérité sur cette histoire sortira. Qui a monté tout ça? Et pourquoi?". Quand éclate l'affaire, Jean-Luc Dehaene convoque M. Di Rupo et le président du PS, Philippe Busquin. Après l'entretien, le second explique au premier que le premier ministre lui a demandé de "le faire démissionner", indique le magazine. M. Di Rupo est alors sous le choc. "J'avais décidé qu'il m'était insupportable de continuer à vivre avec une étiquette de pédophile sur mon front. C'était tout à fait impossible, c'était l'enfer". Olivier Trusgnach avait également accusé de pédophilie l'ex-ministre wallon PSC (cdH) Jean-Pierre Grafé. Celui-ci avait démissionné de ses fonctions à la suite de ces accusations. Il avait finalement été blanchi par la justice en septembre 1998. (Belga)

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