Pédophilie: Rome n'a pas pris les mesures nécessaires pour protéger les enfants

05/02/14 à 12:11 - Mise à jour à 12:11

Source: Le Vif

(Belga) Le Vatican n'a pas pris les mesures nécessaires pour traiter des cas d'enfants abusés sexuellement par des prêtres et protéger les enfants, a affirmé mercredi à Genève le comité de l'ONU sur les droits des enfants. Les experts dénoncent des pratiques qui ont permis la poursuite des abus et l'impunité des coupables.

Pédophilie: Rome n'a pas pris les mesures nécessaires pour protéger les enfants

Dans leurs recommandations à l'issue de l'examen du rapport du Vatican, le premier depuis 14 ans, les experts de l'ONU critiquent le fait que le Vatican "a insuffisamment pris en considération les droits des enfants dans ses procédures judiciaires, législatives, administratives et dans ses programmes". Le comité dénonce par ailleurs le fait qu'"en traitant les allégations d'enfants abusés sexuellement, le Vatican a placé continuellement la réputation de l'Eglise et la protection des coupables au-dessus des intérêts des enfants", accuse le document. Le comité se déclare aussi "gravement préoccupé que le Saint-Siège n'ait pas reconnu l'ampleur des crimes commis, n'ait pas pris les mesures nécessaires pour traiter des cas d'enfants abusés sexuellement et ait adopté des politiques et des pratiques qui ont conduit à la poursuite de ces abus et à l'impunité des coupables". Les juristes poursuivent en dénonçant le fait que "des auteurs connus d'abus sexuels ont été transférés de paroisse en paroisse ou un autre pays dans le but de couvrir de tels crimes, une pratique documentée par plusieurs commissions d'enquête nationales". Cette pratique a permis à beaucoup de prêtres de rester en contact avec des enfants et de continuer à les abuser, soulignent les experts de l'ONU. La question "a été traitée de manière confidentielle et au travers de mesures disciplinaires qui ont permis à la vaste majorité des coupables et à presque tous ceux qui ont contribué à cacher ces crimes d'échapper aux procédures judiciaires. En raison du code du silence imposé aux membres du clergé sous peine d'excommunication, les cas d'abus sexuels ont rarement été rapportés aux autorités judiciaires dans les pays où ces crimes ont été commis", ajoutent les juristes de l'ONU. (Belga)

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