Pays-Bas: une Rwandaise naturalisée condamnée pour incitation au génocide

01/03/13 à 14:04 - Mise à jour à 14:04

Source: Le Vif

(Belga) Un tribunal néerlandais a jugé vendredi la Néerlandaise d'origine rwandaise Yvonne Basebya coupable d'"incitation au génocide" pour son rôle dans le génocide rwandais en 1994, a constaté un journaliste de l'AFP.

Pays-Bas: une Rwandaise naturalisée condamnée pour incitation au génocide

"Elle a appelé au meurtre et à la violence contre les tutsi", a déclaré le juge René Elkerbout, lors du prononcé du jugement à La Haye, dans l'ouest des Pays-Bas, en condamnant Mme Basebya à une peine de prison de six ans et huit mois. Mme Basebya a par contre été acquittée des autres chefs d'accusation qui pesaient sur elle, dont la conspiration en vue de commettre un génocide et de crimes de guerre. "Le fait qu'elle ait appelé à la haine n'est pas suffisant pour la considérer comme coauteur" du meurtre de 110 Tutsi réfugiés dans une église pallottine au sud de Kigali au début du génocide, dont l'accusait le parquet, a souligné le juge. Yvonne Basebya est restée impassible lors de la lecture du jugement, pendant que deux de ses filles versaient des larmes. Selon le parquet, en tant que chef d'une milice hutu "extrémiste et violente" active à Kigali, la capitale rwandaise, Mme Basebya, née Ntacyobatabara, avait ordonné le meurtre et le viol de dizaines de Tutsi et Hutu modérés. "Malgré le fait que la condamnation est relativement faible, nous ne sommes pas contents du raisonnement des juges, qui ne représente la réalité complexe du Rwanda à l'époque", a déclaré à l'AFP l'avocat de Mme Basebya, Viktor Koppe. Mariée à un ancien député rwandais ayant travaillé comme enquêteur pour le Tribunal pénal international pour le Rwanda, Mme Basebya est venue vivre aux Pays-Bas en 1998 dans le cadre d'un regroupement familial. Déclenché après l'assassinat le 6 avril 1994 du président rwandais, le Hutu Juvénal Habyarimana, le génocide rwandais a fait 800.000 morts en trois mois selon l'ONU, essentiellement au sein de la population tutsi, mais également parmi les Hutu modérés. (DEL)

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