Ouganda: abus en hausse contre les homosexuels depuis l'adoption d'une nouvelle loi

15/05/14 à 13:30 - Mise à jour à 13:30

Source: Le Vif

(Belga) Le durcissement de la législation réprimant l'homosexualité en Ouganda a provoqué "une hausse des violations des droits" des homosexuels qui sont arbitrairement arrêtés, licenciés, expulsés de chez eux et agressés, ont annoncé jeudi des ONG.

Ouganda: abus en hausse contre les homosexuels depuis l'adoption d'une nouvelle loi

Lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexués (LGBTI) ont "subi une hausse notable des arrestations arbitraires, des abus et du racket policiers, des licencements, des expulsions jetant certains à la rue et des dizaines d'entre eux ont fui le pays", affirment Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International dans un rapport conjoint. Le président Yoweri Museveni a promulgué fin février une loi controversée qui réprime notamment la "promotion de l'homosexualité" et contraint à dénoncer les homosexuels, suscitant de très vives critiques de par le monde, jusqu'aux plus proches alliés du pays, Etats-Unis en tête. La législation ougandaise punissait déjà de la prison à vie les relations homosexuelles et les adversaires de la loi accusent M. Museveni de l'avoir promulguée en vue des élections de 2016, qui marqueront son 30e anniversaire au pouvoir. "Au moins une personne transgenre a été tuée depuis que la loi a été promulguée, un crime qui semble motivé par la haine", poursuivent les deux ONG, selon lesquelles la victime, prostituée, a été brutalement agressée à Kampala une semaine après la promulgation de la loi et a succombé à "des blessures aux corps et à l'anus, apparemment causées par une bouteille cassée". HRW et Amnesty recensent au moins 17 personnes arrêtées sur "des présomptions de relations homosexuelles entre adultes consentants ou (...) de simples soupçons d'appartenir à la communauté LGBTI". La plupart de ceux arrêtés ont été relâchées sans être inculpés, certains après avoir dû payer des pots-de-vin, d'autres grâce à l'intervention d'avocats. Certains ont rapporté avoir été violentés sexuellement en garde-à-vue et un homme a affirmé avoir dû subir un examen anal par la police censé prouver son homosexualité. (Belga)

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