Magritte du cinéma - Joachim Lafosse et Olivier Gourmet se méfient du "piège du communautarisme dans le cinéma"

03/02/13 à 02:28 - Mise à jour à 02:28

Source: Le Vif

(Belga) Le réalisateur Joachim Lafosse ("A perdre la raison") et l'acteur Olivier Gourmet ("L'Exercice de l'Etat") ont déclaré samedi soir à Bruxelles, à l'issue de la troisième cérémonie des "Magritte du cinéma", "se méfier du piège du communautarisme dans le cinéma". "Il y a autant de cinémas belges que de cinéastes belges. Il faut arrêter de parler de cinéma selon sa nationalité ou par communautarisme", a ajouté le réalisateur, tout juste auréolé des Magritte du meilleur film et de la meilleure réalisation.

Magritte du cinéma - Joachim Lafosse et Olivier Gourmet se méfient du "piège du communautarisme dans le cinéma"

Joachim Lafosse et Olivier Gourmet estiment que le cinéma doit aujourd'hui cesser d'aller vers des films consensuels et plutôt cultiver la curiosité du public, interroger les esprits ret être un lieu de résistances. "J'ai la conviction qu'en Belgique, on va réussir à emmener le public en nombre vers des films complexes et de qualité", espère Joachim Lafosse. "Néanmoins, les près de 36.000 Belges qui se sont déplacés (pour aller voir "A perdre la raison"), cela n'est pas un chiffre suffisant", a-t-il regretté. Olivier Gourmet, qui s'est vu attribuer le Magritte du meilleur acteur pour son rôle dans "L'Exercice de l'Etat", estime également qu'une "certaine presse est aujourd'hui trop influençable par ce qui se passe en France". "Il y a pourtant des acteurs formidables en Belgique dont on ne parle jamais", a-t-il asséné. Selon l'acteur, on refuse aujourd'hui des films en France parce qu'ils ne sont pas assez vendeurs pour la télévision. "Il est dommage qu'une certaine presse belge soit aujourd'hui trop complaisante à voir certains acteurs (belges) populaires en France et à suivre cette voie-là". Pour Olivier Gourmet, on ne s'attarde pas assez sur le fond, la qualité ou l'histoire des films. "Le Belge ne va voir que ce que les médias lui disent d'aller voir, en l'occurence trop de grosses productions", a-t-il, enfin, constaté et regretté. (LAURIE DIEFFEMBACQ)

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