Un art total

02/11/17 à 21:00 - Mise à jour à 01/11/17 à 12:04
Du Le Vif/L'Express du 03/11/17

A Londres, le Victoria and Albert Museum tente une première : une exposition qui examine l'opéra en tant que phénomène esthétique, social et politique. Un enchantement savamment orchestré.

Dresde, le 9 décembre 1905. Une foule se presse autour du Semperoper, édifice emblématique de la ville dont on doit la construction à l'architecte Gottfried Semper. Situé à proximité du Zwinger, l'une des résidences festives des rois de Saxe, cet opéra de style Renaissance est considéré comme l'un des lieux de culture les plus avant-gardistes d'Europe. Il est à l'image de la cité sur l'Elbe qui, au tournant du siècle, se profile comme une métropole prospère dont l'économie se porte à merveille en raison de la présence de nombreuses industries manufacturières. Pour rien au monde, l'élite aristocratique et la bourgeoisie fortunée ne manqueraient la première de Salomé, troisième opéra de Richard Strauss, que la presse présente d'ores et déjà comme scandaleux. Les répétitions ont été houleuses. Il n'a d'ailleurs échappé à personne que la soprano Marie Wittich a, dans un premier temps, refusé d'interpréter le rôle sulfureux de la belle-fille d'Hérode. Outre le fait que le compositeur n'a pas lésiné sur la complexité de la partition, l'argument comprend certaines scènes qui défient ouvertement les tabous du sexe - la fameuse " danse des sept voiles " - et de la mort - il incombe à l'héroïne biblique d'embrasser la tête coupée de Jean le Baptiste.
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