Trois clivages et un nouvel entrant

13/06/18 à 21:00 - Mise à jour à 15:40
Du Le Vif/L'Express du 14/06/18

La Belgique politique s'est structurée autour de trois grands clivages, philosophique entre laïcs et catholiques, socio-économique entre gauche et droite, linguistique entre unitaristes et (con)fédéralistes. Focalisé sur la question migratoire, le clivage transnational recompose les identités.

Les clivages politiques ont trouvé comme une terre d'élection en Belgique, petit pays complexe du coeur de l'Europe occidentale. Son système de partis, éclaté sur des lignes de fracture souvent symétriques et presque prévisibles, fit le ravissement des politologues autant que des fabricants de kaléidoscopes. Jusqu'aux années 1970-1980, ses trois partis traditionnels et ses trois partis communautaires traduisaient presque parfaitement la grille dessinée par le Norvégien Stein Rokkan et l'Anglais Martin Seymour Lipset en 1967, grille qui voulait expliquer comment, partout en Europe occidentale, s'étaient formés les espaces partisans. En Belgique, trois clivages étaient nés des deux grandes révolutions, nationale d'abord, industrielle ensuite, qui avaient traversé tout le continent. Ces clivages, conflits pacifiés, voyaient s'affronter sur le champ politique les représentants de catégories sociales vastes, conscientes de leurs intérêts et mobilisées sur leur versant autour de certains enjeux d'importance à des moments clés, les critical junctures de Lipset et Rokkan. Ainsi le clivage confessionnel, qui vit s'affronter catholiques et libéraux dès les années postérieures à l'indépendance et pendant des décennies, opposait gauche et droite d'alors, qui s'écharpaient autour de la questio...

Vous souhaitez continuer à nous lire?

Lisez 3 articles gratuits par mois

Je m'enregistre Je suis déjà enregistré
ou

Les abonnés du Vif/l'Express bénéficient d'un accès illimité à tous les articles sur LeVif.be

Je prends un abonnement Je suis déjà abonné

Nos partenaires