Mots pour maux

14/03/18 à 21:00 - Mise à jour à 13:18
Du Le Vif/L'Express du 15/03/18

Délaissant le formalisme, les romanciers français contemporains se portent au chevet du monde et des êtres pour leur prodiguer les premiers soins, observe le critique Alexandre Gefen. La littérature comme art et comme thérapie.

A quoi sert la littérature ? A se divertir. A s'évader. Mais aussi, de plus en plus, à prendre soin, à cajoler, à consoler, à réparer. C'est en tout cas la thèse d'Alexandre Gefen, directeur de recherche au CNRS. Dans un essai convaincant, Réparer le monde (1), il analyse les conditions d'émergence de cette fiction française portée sur le réel et sur l'apaisement de ses morsures. " Ce rôle dévolu à l'empathie participe d'un tournant esthético-éthique qui consiste à utiliser le récit pour produire ce que le philosophe Paul Ricoeur nommait des identités narratives dans lesquelles nous pouvons nous reconnaître, nous " recomprendre ", nous projeter, tant au niveau personnel que social ", écrit-il. Un changement radical de paradigme qui affecte aussi bien les sujets abordés - en gros, tous les traumas individuels et collectifs -, que les modes d'action, la littérature devenant poreuse au journalisme, au développement personnel ou encore à l'ingénierie sociale.
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