Les chimères de l'indépendance

14/02/18 à 21:00 - Mise à jour à 15:09
Du Le Vif/L'Express du 15/02/18

En rispostant au référendum séparatiste de septembre 2017, Bagdad a reconquis des territoires et tiré parti de l'usure d'un pouvoir kurde archaïque.

La pendule du miwankhana - salon de réception - des Mustafa peut bien égrener les minutes, son balancier ouvragé ne scande que le néant. Au coeur de cette vaste maison du quartier Kodo de Ranya, cité indocile proche de la frontière iranienne, le temps s'est figé le 19 décembre dernier, vers 17 heures. A l'instant précis où une balle, tirée du toit du siège local du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), sectionnait l'artère fémorale de Mohammad, 20 ans, le second fils de la famille. Entré deux jours plus tôt à l'université, l'étudiant en physique a succombé à l'hémorragie sur le chemin de l'hôpital. Depuis la veille, une vague d'émeutes, symptôme de la rage suscitée par la faillite des services de base - eau, électricité -, l'incurie des autorités et les mois de salaires impayés, avait embrasé la ville. Cibles prioritaires de la foule : les QG des formations politiques. S'ils prennent alors d'assaut ceux du PDK et de l'UPK - Union patriotique du Kurdistan -, les clans rivaux qui se partagent les commandes et les ressources de la région autonome du Nord irakien, les incendiaires n'épargnent ni le bâtiment de l'Union islamique ni les bureaux des opposants du mouvement Goran.
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