La métamorphose

13/09/17 à 21:00 - Mise à jour à 17:28
Du LeVif/l'Express du 15/09/17

Pour la rentrée, les théâtres Varia et des Martyrs affichent chacun un spectacle qui résonne particulièrement face à la montée des extrêmes en politique. Eloignés dans le temps et par leur ton, Rhinocéros et Retour Reims convergent pourtant sur bien des points.

D'abord il y a la voix, de plus en plus rauque, et une migraine tenace. Il y a aussi la peau, de plus en plus verdâtre, de plus en plus dure. Puis une bosse, qui enfle sur le front jusqu'à devenir corne. Tels sont les symptômes de la " rhinocérite ", maladie inventée par Eugène Ionesco, maître du théâtre de l'absurde, pour sa pièce montée à Düsseldorf en 1959, devenue un classique et reprise aujourd'hui dans la version de Christine Delmotte (1). Employé dans une maison de publications juridiques, Bérenger y assiste impuissant à l'épidémie qui transforme les êtres humains en périssodactyles piétinant tout sur leur passage. Ionesco utilise cette métaphore pour dénoncer la montée des totalitarismes, lui qui avait été marqué par l'essor, dans les années 1930, du mouvement nationaliste la Garde de fer dans son pays natal, la Roumanie. " J'ai vu des gens se métamorphoser. J'ai constaté, j'ai suivi le processus de la mutation, je voyais comment des frères, des amis devenaient progressivement des étrangers ", déclara-t-il dans une interview en 1968.
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