Histoires de l'oeil

04/04/18 à 21:00 - Mise à jour à 15:21
Du Le Vif/L'Express du 05/04/18

Depuis les années 1950, le photographe David Goldblatt dédie toutes ses images à l'Afrique du Sud. Une rétrospective au Centre Pompidou, à Paris, explore la complexité de son travail. Ni noir, ni blanc.

La biographie d'un artiste a toujours un impact sur sa production, qu'il le veuille ou non. Seule varie peut-être l'intensité avec laquelle la vie pèse sur l'oeuvre. Dans le cas de David Goldblatt (1), l'influence est déterminante. L'homme est né à Randfontein en 1930. Originaire de Lituanie, sa famille s'est réfugiée en Afrique du Sud dès 1893, pour fuir les pogroms. On l'oublie parfois mais pendant la Seconde Guerre mondiale, ce pays se range du côté des alliés, notamment pour combattre l'Allemagne et l'Italie en Afrique de l'Est. Cette position a d'ailleurs suscité tous les espoirs : au sortir de la guerre, une nation engagée contre le fascisme ne pouvait qu'ajuster sa politique inégalitaire. On le sait aujourd'hui : il n'en fut rien. Au contraire. Après le conflit qui a laissé une partie de la planète à feu et à sang, les lois racistes vont proliférer... et la résistance lentement s'organiser. " On comprend l'ambiguïté d'une position où le judaïsme de David Goldblatt l'aurait désigné comme cible des régimes fascistes, alors que sa blancheur le fait appartenir à la catégorie dominante au sein de la nouvelle société sud-africaine ", écrit Baptiste Lignel dans l'ouvrage (2) qu'il a consacré en 2014 au photographe. Cet étrange chiasme identitaire constitue le socle du travail de l'intéressé, qui ne sera pas toujours reçu avec les égards qu'il mérite.
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