Entre soufre et encens

07/02/18 à 21:00 - Mise à jour à 13:09
Du Le Vif/L'Express du 08/02/18

Familière des collections particulières, l'oeuvre de Pierre Klossowski s'offre rarement au public. Pour la première fois en Belgique, la Gladstone Gallery, à Bruxelles, expose neuf dessins érotiques et diaphanes de l'écrivain essayiste et artiste peintre français.

Cet homme semble venir de très loin ", disait de lui l'écrivain Georges Perros. Sans doute cet effet de perspective est-il accentué par le fait que Pierre Klossowski n'a eu de cesse de s'entourer d'un halo de mystère. " Toute son oeuvre tend vers un but unique : assurer la perte de l'identité personnelle, dissoudre le moi ", notait par ailleurs le philosophe Gilles Deleuze dans Logique du sens. S'effaçant dans la fiction, l'existence du frère aîné du peintre Balthasar Klossowski (alias Balthus) se laisse à peine appréhender par les bribes biographiques dont on dispose. Né en 1905 à Paris, Pierre Klossowski hérite de la fascination pour l'image de son père, Erich, un historien de l'art d'origine polonaise qui imagine des décors pour le théâtre. Sa mère, Elisabeth Dorothea Spiro, que l'histoire retiendra sous le nom de Baladine Klossowska, est, quant à elle, l'élève de Pierre Bonnard et l'amie d'André Derain. Une fois séparée de son mari, la jeune femme deviendra la muse du poète Rilke. On le voit, les ascendances de l'intéressé sont placées sous le signe des mots et des couleurs.
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