Libre circulation: pour la Suisse, l'UE a eu une réaction de "mauvaise humeur"

03/03/14 à 17:43 - Mise à jour à 17:43

Source: Le Vif

(Belga) En gelant les programmes bilatéraux entre la Suisse et l'UE en matière de recherche et d'Erasmus, l'UE a eu une réaction de "mauvaise humeur", a déclaré lundi à Genève Didier Burkhalter, ministre suisse des Affaires étrangères et président en exercice de la Confédération.

Libre circulation: pour la Suisse, l'UE a eu une réaction de "mauvaise humeur"

"On ne voit pas pourquoi il y a déjà maintenant un stop dans ces domaines, on ne voit pas l'intérêt de l'UE, sauf s'il s'agit d'une réaction de mauvaise humeur face à une décision qui ne lui plaît pas", a déclaré M. Burkhalter. L'UE a gelé ces programmes après la votation suisse du 9 février dernier, qui demande la mise en place de contingents et de quotas pour lutter contre l'immigration de masse. Pour l'UE, ce changement de politique est incompatible avec les accords de libre circulation que la Suisse a signé avec Bruxelles. Lundi, M. Burkhalter a plaidé pour une solution "pragmatique" après cette votation, qui a été selon lui mal comprise par les partenaires de la Suisse. "Ce n'est pas un vote contre les autres", a-t-il déclaré, mais un vote qui exprime une certaine "peur". "Nos diplomates à l'étranger sont en train d'expliquer ce vote", a-t-il encore indiqué, en rappelant que la Suisse a un délai de trois ans pour mettre en oeuvre le texte voté, et qu'il "n'y a pas de conséquences immédiates sur la libre circulation". Pour M. Burkhalter, qui assure cette année la présidence tournante de la Confédération helvétique, il y a également des "droits acquis pour tous les ressortissants de l'UE vivant en Suisse et les Suisses vivant dans l'UE". Le vote suisse du 9 février a été perçu comme un coup de tonnerre par les pays partenaires de ce petit pays alpin, car il a mis un coup d'arrêt à la politique de libre circulation mise en place depuis une dizaine d'années, et qui s'était traduite à la fois par une forte croissance du pays, mais également par une arrivée massive de ressortissants européens sur le territoire. (Belga)

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