Sommes-nous dans une bulle financière ?

Le niveau atteint par les cours n'est pas encore une source d'inquiétude dans un climat de croissance soutenue.

Sommes-nous dans une bulle financière ?

© iStockphoto

La crise financière de 2008 avait entraîné un effondrement généralisé des grandes places boursières. Depuis mars 2009, les marchés se sont toutefois positionnés sur une trajectoire ascendante. Après être un moment tombé sous les 7.000 points aux pires moments de la débâcle financière, l'indice Dow Jones a dépassé les 15.000 points dans le courant de l'année 2013, les 20.000 points au début 2017, et il se rapproche désormais de la barre des 25.000 points.

Bulle ou pas ?

Cette marche en avant quasi-ininterrompue fait craindre à plusieurs spécialistes la formation d'une bulle spéculative sur les marchés boursiers. Selon Marc Danneels (Chief Investment Officer chez Beobank), c'est toutefois aller un peu vite en besogne. " Ce marché haussier trouve son origine dans les mesures décidées par les grandes banques centrales occidentales afin de sortir de la crise économique. Elles ont injecté massivement des liquidités dans le circuit financier, ce qui a fait grimper toutes les classes d'actifs (actions, obligations biens immobiliers). Ces éléments exceptionnels font qu'il est aujourd'hui difficile de comparer la situation actuelle aux autres grands marchés haussiers du passé ". Les longues périodes de hausse boursière ont duré en moyenne neuf ans, et nous ne sommes donc pas encore dans une situation qui serait anormale d'un point de vue historique.

En outre, la création d'une bulle financière s'accompagne souvent d'une phase d'euphorie. Or, le marché actuel a souvent été qualifié par les commentateurs anglo-saxons comme étant le plus haï des marchés haussiers, en raison du manque d'enthousiasme et de la faible participation du grand public. " Enfin, les valorisations des différents marchés boursiers sont aujourd'hui relativement élevées mais toujours normales sur base des niveaux observés ces 25 dernières années, même si le marché américain est aujourd'hui un peu plus cher que les autres ".

Croissance soutenue

Historiquement, la fin des grands marchés haussiers a souvent été provoquée par l'arrivée d'une période de contraction de l'économie, appelée également une récession. Or, selon Marc Danneels, le climat économique actuel reste encore très favorable et ne devrait donc pas constituer un facteur d'inquiétude sur les marchés financiers en 2018. " Aux Etats-Unis, qui sont plus avancés dans le cycle, le soutien viendra du programme économique de Donald Trump qui permettra de prolonger le cycle et de retarder l'arrivée d'une récession. L'Europe est dans une phase encore moins avancée et dispose encore d'une marge de rattrapage importante, avec un taux de chômage qui reste encore peu élevé ".

Partager

Dans l'ensemble, les conditions devraient rester favorables au maintien d'une croissance économique soutenue dans les grandes économies développées.

Enfin, la Chine est devenue une composante très importante pour la croissance mondiale. Pour l'année prochaine, Marc Danneels estime que la récente réélection de Xi Yinping lui a permis de renforcer son pouvoir. Il devrait avoir les coudées franches pour contrôler le problème de l'endettement, avec une croissance qui devrait tourner entre 6,3% et 6,5%. " Dans l'ensemble, les conditions devraient donc rester favorables au maintien d'une croissance économique soutenue dans les grandes économies développées. Ceci exclut donc un scénario de récession, avec une croissance des résultats d'entreprises qui devrait encore dépasser 10% ".

Technologie

Les craintes relatives à une bulle financière se sont également cristallisées au niveau des actions technologiques ; la croissance du marché américain étant de plus en plus dépendante du comportement des quelques grands noms comme Apple, Facebook ou Microsoft. Ceci a fait craindre le retour de la bulle des valeurs internet qui avait explosé peu après le passage de l'an 2000. " Nous ne sommes clairement plus dans le même cas de figure ", souligne Marc Danneels. " A l'époque, les différents groupes actifs sur internet n'étaient pas rentables et leurs cours étaient très largement surévalués. Or les géants de l'internet sont aujourd'hui des sociétés extrêmement rentables qui disposent encore de possibilités de développement importantes.

Pour l'année prochaine, Marc Danneels souligne qu'il faudra s'attendre à des pics de nervosité sur les marchés financiers. " Il faudra rester calme et ne pas vendre sous le coup de l'émotion. Dans ce contexte, nous continuons d'adopter une stratégie de long terme et de la diversification dans le portefeuille afin de mieux pouvoir amortir des pics de nervosité ".

Nos partenaires