Les travailleuses titres-services réclament de meilleurs frais de déplacement

04/09/12 à 12:49 - Mise à jour à 12:49

Source: Le Vif

(Belga) Selon une étude de la FGTB, les travailleuses titres-services parcourent annuellement 300 millions de kilomètres pour travailler. Mais, selon le syndicat, l'indemnité au kilomètre qu'elles perçoivent, les 2/3 se déplaçant en voiture, ne couvre pas leurs frais. Mardi, la FGTB Titre-Services a organisé une manifestation devant le cabinet de la ministre de l'Emploi, Monica De Coninck. Une bonne centaine de travailleuses étaient présentes. La délégation syndicale, qui a ensuite été reçue, a fait le cadeau symbolique d'un jerricane vide à la ministre.

Les travailleuses titres-services réclament de meilleurs frais de déplacement

Pour la FGTB Titres-services, il n'est plus question pour les 150.000 travailleuses (et travailleurs dans une moindre mesure) de consacrer une partie de leur modeste salaire à des frais de déplacement en hausse. "N'oublions pas que ces travailleuses bénéficient d'un petit salaire. L'indemnité au kilomètre, que les entreprises se sont engagées à payer, s'élève à 13 ou 15 cents, alors que dans le secteur public on avoisine les 33 cents. C'est totalement insuffisant par rapport au volume de déplacements", constate Eric Neuprez, secrétaire fédéral FGTB. "Je parcours près de 300 km par semaine en région liégeoise. Avez-vous pris connaissance du prix de l'essence à la pompe? De plus, en utilisant en permanence mon véhicule, je multiplie les risques d'accident" raconte Sabine, aide-ménagère de 42 ans. La FGTB a déposé deux solutions sur la table du cabinet De Coninck. Sous peu, les titres-services vont augmenter d'un euro, à 8,5 euros le chèque. Les utilisateurs bénéficieront par conséquent d'une nouvelle réduction fiscale de 0,30 euro. Le syndicat socialiste propose d'utiliser ces 30 cents pour assurer une indemnisation correcte aux travailleuses. Une solution indolore pour un gouvernement fédéral qui chasse la moindre dépense, relaie le syndicat. "Qui peut encore aujourd'hui trouver des personnes prêtes à travailler pour ce genre de tarifs? Les clients doivent comprendre la situation précaire de ces femmes. Nous ferons d'ailleurs une action spécifique à leur intention au mois d'octobre", explique la FGTB. Deuxième solution avancée: puiser dans les bénéfices, redistribués aux actionnaires, des grandes entreprises du secteur. "Le système est financé à 75% par le gouvernement et donc par les citoyens. Pourquoi ne pas en récupérer une partie pour améliorer les conditions des travailleuses?", conclut Eric Neuprez. Du côté du cabinet De Coninck, "on a entendu la revendication des travailleuses. Il faut maintenant analyser toutes les pistes possibles afin de dégager une solution structurelle à une réelle difficulté". (MUA)

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