Les séropositifs davantage victimes de discriminations indirectes

27/11/12 à 15:21 - Mise à jour à 15:21

Source: Le Vif

(Belga) Les séropositifs belges francophones subissent encore des discriminations et leur situation socio-économique demeure préoccupante. Plus de 50% d'entre eux n'ont pas d'activité professionnelle, ce qui ne va pas toujours sans difficulté pour l'accès aux soins, a déploré la Plate-Forme Prévention Sida mardi, lors de la présentation des premiers résultats d'une enquête sur les conditions de vie des séropositifs en Wallonie et à Bruxelles.

Sur 340 répondants, l'enquête démontre que 54% n'ont pas d'activité professionnelle, dont 16,9% sont en incapacité de travail ou en invalidité. Près de 30% déclarent avoir des difficultés financières pour assumer les soins de santé. Il ressort également qu'une personne sur deux a déjà renoncé à un projet (comme une relation affective, la souscription à une assurance ou un prêt, postuler à un emploi ou à une formation), craignant de faire l'objet d'une exclusion. Bien que 76,9% des répondants disent ne pas avoir été discriminés, "on constate plus de gêne ressentie (21%) que des refus de soins (13%) dans le milieu médical et plus de propos désobligeants ou maladroits (15%) que d'exclusions dans la vie sociale", explique Charlotte Pezeril, chercheuse et anthropologue à l'Observatoire du sida et des sexualités. "Les discriminations sont donc davantage voilées et indirectes", poursuit-elle. Enfin, l'enquête révèle que 86% des répondants ne connaissaient pas la loi interdisant les discriminations fondées notamment sur l'état de santé actuel ou futur ou sur l'orientation sexuelle. Ces dernières années, on observe un niveau de transmission du VIH jamais atteint en Belgique. La légère diminution observée en 2011 (1.177 nouvelles infections contre 1.196 en 2010) ne change rien à ce constat, déplore la Plate-Forme Prévention Sida, qui lance une nouvelle campagne de sensibilisation le 1er décembre, lors de la journée mondiale du sida. (FMA)

Nos partenaires