Les multinationales de Belgique demandent de "ne pas toucher à l'impôt des sociétés"

18/12/13 à 14:20 - Mise à jour à 14:20

Source: Le Vif

(Belga) Les multinationales de Belgique ont plaidé mercredi pour une "stabilité" fiscale, alors que les propositions de réforme de l'impôt se multiplient dans les états-majors des partis. Les niches, telles que les intérêts notionnels, doivent être absolument maintenues, sous peine de voir partir des sièges et des activités de trésorerie, avertissent-elles.

Représentées par le MCB Forum, les multinationales ont insisté, lors d'une conférence de presse, sur leur rôle "multiplicateur" pour l'économie. La présence en Belgique de nombreux centres de trésorerie se traduit par un certain nombre d'emplois directs hautement rémunérés (qu'elles évaluent à 5.000), mais aussi par des emplois indirects dans les PME. "Les multinationales sont l'ossature d'une économie, tandis que les PME en sont la chair et le sang", affirme Jean-Yves Dopchie, l'un des piliers du MCB. Les centres de trésorerie attirent aussi dans leur sillage des activités de siège plus large, souligne le Forum. La banque interne du groupe néerlandais de ressources humaines USG emploie par exemple, autour des 5 personnes affectées aux activités de trésorerie et d'assurance, 22 autres personnes, a indiqué son administrateur-délégué, Francis Coppé. Une suppression des intérêts notionnels aurait un impact tel sur la marge bénéficiaire que les activités seraient délocalisées, a-t-il averti. "83% (des activités) serait transférable à l'étranger dans les six mois". Les multinationales s'effraient dès lors des pistes de réforme fiscale avancées dans les milieux politiques, où il est question de supprimer les notionnels en contrepartie d'une baisse du taux de l'impôt des sociétés. "Il est complètement erroné de croire qu'on peut compenser sur les taux", affirme Muriel Narmon. "Les centres de décision seraient purement transférés. C'est ce que font les multinationales, elles n'en ont pas honte". Il serait dès lors indispensable de préserver une politique de niches, comme les intérêts notionnels, mais aussi la déduction pour brevets. La Belgique n'est pas à même d'être compétitive sur le taux général, "même à 20%" (contre 33,99% actuellement, ndlr), selon M. Dopchie. (Belga)

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