Les droits des femmes afghanes progressent mais leur souffrance demeure

11/12/12 à 09:01 - Mise à jour à 09:01

Source: Le Vif

(Belga) Une loi contre les violences faites aux femmes est de plus en plus utilisée en Afghanistan, même si celles-ci continuent à souffrir horriblement sous le joug des hommes, selon un rapport de l'ONU publié mardi.

Les droits des femmes afghanes progressent mais leur souffrance demeure

Le rapport, rendu public au lendemain du meurtre d'une responsable provinciale des droits des femmes, s'ouvre par le témoignage bouleversant de Sadate, mariée à 15 ans pour devenir la victime expiatoire de son mari et son beau-père, qui la battent et la lacèrent. "Les mauvais traitements répétés dont j'étais l'objet m'ont forcée à porter plainte. Mais en vain. Le procureur a négligé ma plainte et m'a indiqué que je devais soit la retirer, soit être emprisonnée", raconte-t-elle. Quelques mois plus tard, Sadate s'immole par le feu. Elle mourra des suites de ses blessures. Le nombre de cas de violences contre des femmes rapportés à la Commission afghane des droits de l'Homme a presque doublé d'une année sur l'autre (4.010 de mars à octobre 2012 contre 2.299 de mars 2010 à mars 2011), ce qui reflète une meilleure sensibilisation de la société à cette cause. Mais ces affaires aboutissent rarement à des condamnations. Sur 470 affaires enregistrées par la police ou la justice (dans 16 provinces sur 34), des mises en examen ont été prononcées dans 163 cas, pour 100 condamnations, soit dans 21% des cas à peine. Certains procureurs transmettent également de telles affaires aux autorités tribales, qui contredisent leurs propres verdicts. Les coups et coupures sont les crimes les plus dénoncés via le système judicaire sur les violences faites aux femmes. La loi qui traite de ces affaires a été adoptée en 2009. L'ONU constate également une augmentation des crimes d'honneur - pour infidélité supposée mais rarement avérée. "Les poursuites injustifiées de femmes et de filles qui s'enfuient de chez elles, souvent pour s'éloigner de violences, continuent", regrettent les auteurs du rapport. (MUA)

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