Le gouvernement allemand renonce à demander d'interdire un parti néonazi

20/03/13 à 12:12 - Mise à jour à 12:12

Source: Le Vif

(Belga) Le gouvernement allemand a décidé mercredi de ne pas lancer une procédure de demande d'interdiction du parti néonazi NPD, estimant maigres ses chances de succès et jugeant une telle opération peu efficace pour lutter contre l'extrême-droite.

La ministre allemande de la Justice, Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, a souligné "les grands obstacles" de cette procédure juridique, lors d'une conférence de presse à Berlin après cette décision prise en conseil des ministres. Le gouvernement soutiendra en revanche l'initiative du Bundesrat, chambre haute du Parlement allemand, représentant les Etats régionaux, qui avait décidé le 14 décembre dernier de saisir la Cour constitutionnelle pour faire interdire ce parti ouvertement raciste, antisémite et nostalgique du IIIe Reich. Le ministre allemand de l'Intérieur, Hans-Peter Friedrich, a également insisté pour que "l'Etat et la société combattent l'extrême-droite", lors de la conférence de presse commune avec sa collègue de la Justice. Certains soulignent qu'il est plus facile de contrôler les extrémistes de droite s'ils sont réunis dans une structure légale et non bannis et dans l'ombre. La chambre basse du parlement allemand, Bundestag, doit encore décider en avril si oui ou non elle lance, elle aussi, une demande d'interdiction. Une précédente procédure d'interdiction du NPD avait échoué en 2003 en butant sur un vice de procédure. Cet échec avait tourné au camouflet politique pour le gouvernement d'alors. Le NPD, fondé par d'anciens fonctionnaires nazis en 1964, réunit à la fois de jeunes skinheads et des vieux nostalgiques du IIIe Reich. L'un de ses anciens dirigeants avait été condamné en 2004 pour avoir qualifié Adolf Hitler de "grand homme d'Etat". Le parti dispose d'élus dans les parlements régionaux de Saxe (depuis 2004) et de Mecklembourg-Poméranie antérieure (depuis 2006). Dans certaines communes proches de la frontière polonaise, il est monté jusqu'à 33% lors du dernier scrutin régional. (JUG)

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