La fin de l'iPod et autres MP3

08/11/11 à 10:39 - Mise à jour à 10:39

Source: Le Vif

Détrônés par l'iPhone et les autres smartphones, les baladeurs numériques iront bientôt à la casse. Et, avec eux, les GPS, les consoles de jeux portables, les appareils photo compacts... Chronique d'un déclin annoncé.

La fin de l'iPod et autres MP3

© Thinkstock

L'obsolescence technologique s'accélère. Sans répit. Tout juste dix ans après sa création fin octobre 2001, l'iPod est voué à disparaître. Idem bien sûr pour ses concurrents, qui ne représentent d'ailleurs que 30 % de parts du marché mondial des lecteurs MP3. Le baladeur numérique aura connu une existence bien plus brève que son prédécesseur, le Walkman ou baladeur à cassette inventé par Sony : le succès de ce dernier - converti en Discman, avec l'arrivé du CD - aura duré près d'un quart de siècle. Une espérance de vie impensable pour les inventions d'aujourd'hui.

En dix ans, Apple a tout de même écoulé 320 millions d'exemplaires de son gadget onéreux. Mais, depuis 2008, les ventes s'essoufflent. Et, ces derniers mois, la chute s'est accélérée. Au deuxième trimestre 2011, à peine 9 millions des différents modèles d'iPod ont été écoulés : soit une baisse de 53 % par rapport au premier trimestre et de plus de 17 % par rapport à l'année dernière. L'iPod ne représente plus que 7 % à peine du chiffre d'affaires de la firme à la pomme, contre plus de 55 % en 2006. Le déclin est désormais irrévocable.

Le grand responsable de cette mort annoncée ? L'iPhone ! Lui se porte à merveille. Au deuxième trimestre de cette année, il s'en est vendu 18,6 millions (plus du double des iPod) : soit une augmentation de 15 % par rapport au premier trimestre et de 113 % par rapport à 2010... Lancé en 2007, le téléphone portable d'Apple a définitivement pris le relais du baladeur : ses ventes ont dépassé celle de l'iPod depuis la fin 2009. Il faut dire que l'iPhone est un couteau suisse numérique, comme le souligne une étude du site www.eleven.fr. Le fondateur d'Appel, Steve Jobs l'avait lui-même présenté comme étant à la fois "an iPod, a phone and an Internet communicator".

La magie iPhone

L'iPhone relègue au placard la plupart des appareils multimédias portables mono-tâches. Il gère les fichiers MP3 comme un baladeur et permet désormais, avec l'iCloud, de stocker des morceaux de musique à distance. Avec son capteur photo de 5 millions de pixels, sa quatrième version rend superflus les appareils photo numériques compacts (8 millions de pixels sur le nouvel iPhone 4S). Plus besoin non plus des TomTom et autres Garmin, puisqu'il est doté d'une puce GPS depuis le modèle 3G et que les applications d'assistance de navigation routière (dont celle de TomTom) s'avèrent très performantes, depuis plus d'un an. Même les consoles de jeux portables se voient petit à petit évincées par le mobile d'Apple dont la qualité d'écran est exceptionnelle.

Pourtant, les multiples fonctionnalités de l'iPhone existent depuis belle lurette sur les smartphones. En 2002 déjà, le SPV d'Orange, conçu par HTC, gérait images, vidéos et musiques tout en permettant de synchroniser ses contacts, son agenda et ses e-mails sous Windows Mobile. Nokia et Sony Ericsson ont, eux aussi, sorti, depuis le début des années 2000, des appareils multifonctions avec écran tactile. Mais, couplée à une campagne commerciale offensive, la magie Apple a, une fois de plus, fonctionné, en réinventant le tactile qui n'avait guère évolué depuis le Palm.

Désormais ses concurrents, dont Google avec Android, proposent des produits équivalents. On trouve même des mobiles bas de gamme équipés d'un écran tactile, d'un capteur photo-vidéo, d'un lecteur MP3, d'un agenda électronique, etc. L'industrie du smartphone a de beaux jours devant elle. Demain, ces gadgets intégrés permettront aussi d'effectuer des paiements et serviront de télécommande universelle, même à longue distance, pour les appareils multimédias et ménagers de la maison. Ils évolueront en fonction de la rapidité de leur processeur et de la qualité des logiciels. On pourra même encore s'en servir pour téléphoner...

THIERRY DENOËL

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