La Cour constitutionnelle rejette les recours contre la loi "anti-burqa"

06/12/12 à 16:57 - Mise à jour à 16:57

Source: Le Vif

(Belga) La Cour constitutionnelle a rejeté jeudi des recours en annulation introduits contre la loi du 1er juin 2011 punissant les personnes qui se présenteraient dans des lieux accessibles au public le visage masqué ou dissimulé de manière telle qu'elles ne soient pas identifiables, plus connue sous le nom de loi "anti-burqa" ou "anti-niqab".

La Cour constitutionnelle rejette les recours contre la loi "anti-burqa"

Plusieurs personnes avaient introduit un recours contre ce texte qui a suscité une vive polémique, ou sont intervenues dans la procédure: deux femmes de confession musulmane, verbalisées en 2009 et 2011 en Région bruxelloise parce qu'elles portaient le niqab, deux citoyens non musulmans qui y voyaient une atteinte inacceptable aux libertés fondamentales, l'association "Justice and Democracy" ou encore la Ligue des droits de l'homme et son pendant flamand. L'arrêt légitime la loi. Il porte même un jugement très dur sur le port du voile intégral au nom de certains prescrits religieux. "Dès lors que la dissimulation du visage a pour conséquence de priver le sujet de droit, membre de la société, de toute possibilité d'individualisation par le visage alors que cette individualisation constitue une condition fondamentale liée à son essence même, l'interdiction de porter dans des lieux accessibles au public un tel vêtement, fût-il l'expression d'une conviction religieuse, répond à un besoin social impérieux dans une société démocratique", dit la Cour. Et d'ajouter, invoquant l'égalité des sexes: "le port d'un voile intégral dissimulant le visage prive, en effet, la femme, seule destinataire de ce prescrit, d'un élément fondamental de son individualité, indispensable à la vie en société et à l'établissement des liens sociaux". La Cour émet toutefois une réserve à propos des lieux de cultes. A ses yeux, il serait déraisonnable de les inclure dans les lieux accessibles au public visés par la loi sous peine de porter atteinte de manière disproportionnée à la liberté religieuse. (VIM)

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