La Belgique pas exempte de responsabilités dans l'accaparement de terre en Asie et Afrique

03/12/13 à 14:40 - Mise à jour à 14:40

Source: Le Vif

(Belga) BNP Paribas Fortis, Deutsche Bank, ING, KBC, Belfius ou AXA: toutes ces banques ont, de par les fonds qu'elles gèrent, une part de responsabilité dans le phénomène mondial d'accaparement de terres au profit d'entreprises de production d'huile de palme et au détriment de l'écologie et du bien-être de la population locale.

Ce constat est issu d'un rapport présenté mardi par les associations CNCD-11.11.11, SOS Faim, Oxfam-Solidarité, FAIRFIN et le Réseau Financement Alternatif (RFA), à la suite d'une étude sur les "responsabilités des grandes banques actives en Belgique dans le financement des entreprises connues et reconnues pour leurs pratiques d'accaparement de terre". L'accaparement de terres, par lequel des acteurs puissants (entreprises ou autres) forcent l'acquisition ou obtiennent légalement le contrôle de grandes surfaces de terres agricoles dans les pays du Sud pour y mener une agriculture intensive et destinée à l'exportation, est un phénomène en pleine expansion, note le rapport. Un des exemples frappants, présenté par un membre local de l'ONG Friends of the Earth à l'occasion de la sortie du rapport, est celui de l'Indonésie. D'importantes entreprises de production d'huile de palme, comme Bumitama Agri Ltd., y étendent leurs plantations souvent illégalement, s'appropriant des terres et détruisant les forêts, selon les propos d'Anton Widjaya (FOE Indonesia). Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres, et l'étude menée par le Réseau Financement Alternatif montre que les institutions bancaires occidentales ont indirectement une part de responsabilité dans cette problématique. Basée sur l'examen de 10 banques actives en Belgique et 10 entreprises controversées pour leurs pratiques, l'étude indique que les directions des banques se sont montrées ouvertes au dialogue et attentives, mais que six d'entre elles gèrent toutefois des fonds qui investissent entre autres dans les entreprises contestées. (Belga)

Nos partenaires