L'Europe s'interroge sur des restrictions à la libre circulation des personnes

05/12/13 à 19:45 - Mise à jour à 19:45

Source: Le Vif

(Belga) L'Union européenne est actuellement lancée dans un débat vigoureux sur la libre circulation des personnes, une de ses valeurs fondatrices. Il est apparu jeudi lors d'une réunion des ministres européens de l'Intérieur que le Royaume-Uni et l'Allemagne ne se satisfont pas de la réponse européenne à leurs inquiétudes concernant "le tourisme des allocations".

L'Europe s'interroge sur des restrictions à la libre circulation des personnes

Les dernières limitations à la libre circulation des travailleurs venant de Bulgarie et de Roumanie tomberont au début de l'année prochaine, ce qui rend certains pays nerveux. Le Royaume-Uni a ainsi annoncé la semaine dernière des mesures fortes pour limiter l'accès aux allocations sociales pour les personnes émanant d'autres pays européens. "Certaines choses doivent changer dans la manière dont la libre circulation des personnes fonctionne", a déclaré la ministre britannique Theresa May à Bruxelles. Elle a suggéré notamment que les nouveaux Etats membres atteignent un niveau de revenus déterminé avant que leurs ressortissants obtiennent un accès au marché du travail britannique. Elle a aussi plaidé, une nouvelle fois, pour un plafond migratoire. La commissaire européenne à la Justice, Viviane Reding, a répondu que la libre circulation des personnes doit rester un droit fondamental en Europe. Elle a souligné que "chaque Etat membre peut lui-même déterminer sous quelles conditions des non-ressortissants peuvent avoir accès aux allocations". Selon la Commission, les faits montrent que les Européens mobiles font moins appel aux allocations que les propres ressortissants, et qu'ils participent, dans la plupart des pays, à la Sécurité sociale. Elle est prête à aider les Etats membres à s'attaquer aux abus, notamment via un manuel sur la lutte contre les mariages de complaisance et un guide sur le critère de résidence principale. Le ministre allemand Hans-Peter Friedrich, qui avait plaidé, avec ses homologues britannique, néerlandais et autrichien, pour des règles plus strictes contre les abus, ne s'est pas montré impressionné. "Des discussions ou des guides n'aideront pas", a-t-il fulminé. La libre circulation en Europe reste à l'avant-plan de l'agenda, à l'occasion des élections de l'an prochain. Les ministres de l'Emploi négocieront ainsi lundi prochain une révision de la directive européenne "Détachements". (Belga)

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