L'armée belge ignore à qui elle revend ses armes

27/04/13 à 07:21 - Mise à jour à 07:20

Source: Le Vif

(Belga) L'armée belge a vendu entre 2009 et 2012 trente-cinq hélicoptères et deux avisons à un homme que les services de police soupçonnaient d'être impliqué dans du blanchiment d'argent et du trafic d'armes. Il était également soupçonné de trafic de véhicules volés par les services de renseignements de la Défense, révèlent samedi les quotidien La Libre Belgique et De Morgen.

L'armée procède régulièrement à la vente d'anciens équipements, qu'il s'agisse de bottes, remorques ou hélicoptères, avions ou véhicules blindés. Pour les derniers, la procédure de vente est la même que pour la vente de systèmes d'armes, l'armée ne retenant que les firmes candidates qui répondent à plusieurs critères de sélection strictes. Or, selon une enquête menée par La Libre Belgique sur ces ventes, il semble que la Défense, quand il s'agit de matériel sensible, ne vérifie pas si les acheteurs potentiels sont connus des services de police ou de renseignement. Ainsi, en septembre 2009, l'armée a attribué 23 hélicoptères à une société basée à Bruxelles mais d'après l'enquête, quatre d'entre eux sont arrivés à Madagascar ensuite et ont été mis à la disposition de l'armée malgache par le président entré au pouvoir après un coup d'Etat. La firme belge devait normalement demander l'autorisation pour exporter les appareils, mais elle ne l'a pas fait. Malgré cela, la Défense et la société bruxelloise ont continué à collaborer et elle a reçu d'autres hélicoptères et avions. En outre, le directeur de la société, D.V., n'est pas inconnu des services de police et de renseignements, y compris des services de renseignements de la Défense, notamment pour des infractions liées à la criminalité organisée et au trafic d'armes et du blanchiment d'argent. L'homme n'a toutefois jamais été condamné par la justice. Du côté du Vice-premier ministre Pieter De Crem on ne souhaite faire aucun commentaire et du côté de la Défense on indique que "la Défense ignorait, au moment de ces ventes, que le directeur (de la firme) était soupçonné de certains actes illégaux. (Belga)

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