L'abeille, une diversité génétique étonnante pour un animal domestique

24/08/14 à 19:47 - Mise à jour à 19:47

Source: Le Vif

(Belga) Contrairement à la plupart des espèces domestiquées par l'Homme, les abeilles font preuve d'une étonnante diversité sur le plan génétique qui leur a permis de s'adapter aux changements successifs depuis leur apparition voici quelque 300.000 ans, selon une étude publiée dimanche.

L'abeille, une diversité génétique étonnante pour un animal domestique

L'abeille (Apis mellifera) joue un rôle crucial pour les sociétés humaines, dont un tiers de l'approvisionnement en nourriture dépend de la pollinisation des fruits, noix et légumes par des insectes. Le déclin des colonies d'abeilles observé ces dernières années, lié notamment aux maladies et au changement climatique, a donc de quoi inquiéter. Pour mieux contrer le phénomène, les scientifiques tentent de comprendre les forces et les faiblesses des différentes espèces d'abeilles, inscrites dans leur génome. Des chercheurs ont donc analysé et comparé l'ADN de 14 sortes d'abeilles issues d'Europe, d'Afrique, du Moyen-Orient, des Etats-Unis et du Brésil. Ils ont notamment découvert près de 3.000 gènes découlant de leur adaptation à différents environnements au fil du temps, associés notamment au système immunitaire ou à la capacité à hiverner. Plus surprenant, l'analyse génétique de l'abeille domestique suggère qu'elle n'est pas originaire d'Afrique, comme on le pensait. Elle semble issue d'une ancienne espèce d'abeille cavicole arrivée d'Asie voici quelque 300.000 ans et qui se serait rapidement propagée en Europe et en Afrique. L'ADN révèle en outre la grande influence que le changement climatique exerce sur la taille des populations d'abeilles selon les époques. Publiée dans la revue britannique Nature Genetics, l'étude "pose les bases qui permettront de chercher les mécanismes biologiques qui jouent dans la résistance aux maladies et à l'adaptation au climat, des connaissances qui pourraient s'avérer vitales pour la protection des abeilles", conclut Matthew Webster, biologiste à l'université suédoise d'Uppsala et principal auteur de l'étude. (Belga)

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