"Justice" et solidarité", seulement des mots dans le dictionnaire ?

03/10/13 à 13:36 - Mise à jour à 13:36

Source: Le Vif

(Belga) Le pape François a demandé jeudi à la communauté internationale de "repenser le modèle de développement à tous les niveaux", en regrettant que "justice" et "solidarité" soient souvent "seulement des mots dans notre dictionnaire".

Lors d'une audience aux membres du Conseil pontifical "Justice et paix" dans la salle Clémentine, le pape argentin a rendu un fervent hommage aux intuitions de son prédécesseur, Jean XXIII, qu'il a décidé de faire saint le 27 avril prochain en même temps que Jean Paul II, et dont il est proche par son approche concrète des problèmes. L'Eglise fête en 2013 le 50e anniversaire de l'encyclique "Pacem in terris" ("Paix sur la terre") du pape Angelo Giuseppe Roncalli qui avait eu un grand impact, promulguée quelques mois seulement après la crise des fusées à Cuba, qui avait mis le monde au bord du conflit nucléaire. "En regardant la réalité actuelle, je me demande si nous avons compris la leçon de +Pacem in Terris+. Je me demande si les mots de justice et de solidarité ne sont pas seulement dans notre dictionnaire". Il a rappelé que Jean XXIII avait vu les fondements d'une "vraie paix" dans une société "plus juste et solidaire". "Ce ne sont pas seulement les droits civils et politiques qui doivent être garantis; mais il faut offrir à chacun la possibilité d'accéder effectivement aux moyens essentiels de subsistance: la nourriture, l'eau, la maison, les soins, l'instruction et la possibilité de former et de faire vivre une famille". "Pacem in terris" "n'entendait pas affirmer que l'Eglise a le devoir de donner des indications concrètes sur des thèmes qui, dans leurs complexité, doivent être laissés à la libre discussion", a-t-il fait valoir. "Sur les matières politiques, économiques et sociales, ce n'est pas le dogme qui indique les solutions pratiques, mais plutôt le dialogue, l'écoute, la patience, le respect de l'autre, la sincérité et aussi la capacité à réviser sa propre opinion", a-t-il dit, semblant s'écarter de la doctrine de Jean Paul II et Benoît XVI, qui était plus interventionniste sur les questions de la morale et de la vie. (Belga)

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