"Je ne louerais pas un Dieu homophobe", affirme Desmond Tutu

26/07/13 à 17:27 - Mise à jour à 17:27

Source: Le Vif

(Belga) L'archevêque sud-africain noir, Desmond Tutu, héros de la lutte anti-apartheid et prix Nobel de la paix, a lancé vendredi avec l'ONU une campagne pour l'égalité des homosexuels en Afrique, affirmant que jamais il ne louerait un Dieu homophobe.

"Je ne louerais pas un Dieu homophobe", affirme Desmond Tutu

"Je refuserais d'aller dans un paradis homophobe. Non, je dirais, désolé merci, je préfèrerais cent fois aller ailleurs", a déclaré Desmond Tutu, lors du lancement au Cap d'une campagne du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme pour la défense de l'égalité des homosexuels. "Je ne pourrais pas louer un Dieu homophobe, c'est ma conception profonde là-dessus", a-t-il ajouté, en condamnant toutes les justifications religieuses de la haine ou des préjugés colportés contre les homosexuels. "Cette campagne me passionne tout comme je l'étais durant l'apartheid. Pour moi, c'est du même niveau", a dit l'archevêque honoraire, âgé de 81 ans. La campagne vise à obtenir des réformes légales mais aussi à inciter à des efforts d'éducation publique contre l'homophobie, en faisant notamment un intense lobbying auprès des gouvernements. "J'entends constamment des gouvernements me dire +mais cela fait partie de notre culture, de notre tradition et on ne peut pas changer ça+... On a beaucoup de travail à faire", a expliqué la haut commissaire Navy Pillay. Bouc-émissaires faciles dans des sociétés africaines promptes à dénoncer à tort des moeurs d'importation occidentale, et sous l'emprise croissante des fondamentalistes chrétiens ou musulmans, les homosexuels sont passibles des tribunaux dans 38 pays africains. L'Afrique du Sud se distingue par sa Constitution qui garantit aux couples homosexuels exactement les mêmes droits qu'aux couples hétérosexuels pour le mariage ou l'adoption. Mais de façon générale sur le continent, les manifestations d'homophobie atteignent "des niveaux dangereux", souligne Amnesty International dans un rapport paru mardi. (Belga)

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