Yémen : les militaires profitent de la révolution

25/03/11 à 15:13 - Mise à jour à 15:13

Source: Le Vif

Au Yémen, le président Ali Abdallah Saleh est de plus en plus déstabilisé. Contesté dans la rue depuis près de deux mois, il a jusqu'ici réprimé la révolte dans le sang. Encore une fois, c'est la jeunesse du pays qui a lancé le mouvement de protestation. Une attaque particulièrement violente contre les manifestants a tué 52 personnes le 18 mars à Sanaa, la capitale. Depuis, la contestation a encore pris de l'ampleur. Cinq personnalités du régime ont démissionné en signe de protestation, dont ce dimanche, l'ambassadeur du Yémen à l'Onu, Abdallah AlSaidi.

Yémen : les militaires profitent de la révolution

© EPA

Au fil des jours, une partie de l'armée impliquée dans les massacres s'est démarquée du régime et se présente comme la nouvelle alternative au président. Plusieurs militaires ont démissionné et rallié les rangs de l'opposition place Taghiir ("place du Changement", phonétiquement proche de la place Tahrir, "place de la Libération", au Caire). Mis à part l'euphorie du moment, une partie de l'opinion publique commence à craindre une montée au pouvoir des militaires. La figure la plus emblématique en est le général Ali Mohsen, qui a démissionné le 21 mars, pour protester, lui aussi, contre le régime. Il est l'un des plus puissants responsables militaires du pays et, d'après plusieurs sources, le demi-frère du Président. Le changement de stratégie d'Ali Mohsen ne paraît pas clair. Il a été très proche du régime et entretient d'étroites relations avec les milieux tribaux, avec les dirigeants du principal parti politique du pays (Al-Islah) et avec la famille régnante en Arabie-Saoudite.

L'actu Ces dernières heures de violents accrochages ont opposé les soldats qui ont rallié la contestation populaire, et des membres de la garde républicaine commandée par Ahmed Saleh, l'un des fils du chef de l'Etat. Le Parlement a approuvé mercredi l'instauration de l'état d'urgence. Un vote immédiatement rejeté par l'opposition qui envisageait, ce vendredi, une marche vers le palais présidentiel. Le pays n'a plus de gouvernement (le gouvernement en affaires courantes ayant été limogé par le Président) et risque de s'effondrer dans une guerre civile.

A.S.

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