Yémen: le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence

22/03/15 à 10:15 - Mise à jour à 10:43

Source: Belga

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira ce dimanche après-midi à New York en urgence pour examiner la situation au Yémen, alors que les Etats-Unis ont annoncé samedi soir qu'ils avaient évacué tout leur personnel encore présent au Yémen.

Yémen: le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence

Le président du Yémen Abd Rabbo Mansour Hadi. © AFP

Cette réunion se tient à la demande du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, dont le pays s'enfonce de plus en plus dans le chaos. Dans une lettre adressée vendredi à la présidence française du Conseil et dont l'AFP a eu copie, le président Hadi dénonce "les actes criminels des miliciens Houthis et de leurs alliés, qui menacent non seulement la paix au Yémen mais la paix et la sécurité régionale et internationale".

M. Hadi demande au Conseil "son intervention urgente de toutes les manières possibles pour mettre fin à cette agression". Il suggère que le Conseil impose des sanctions contre les fauteurs de troubles et prenne une résolution contraignante "pour dissuader les Houthis et leurs alliés et stopper leur agression (..), notamment contre la ville d'Aden" où il s'est réfugié après la prise de Sanaa par les miliciens chiites.

Le Yémen s'enfonce un peu plus chaque jour dans le chaos, avec une grave crise politique, un territoire morcelé et des violences impliquant plusieurs groupes armés, dont les Houthis et le réseau sunnite Al-Qaïda.

La réunion du Conseil interviendra deux jours après les premiers attentats revendiqués au Yémen par le groupe extrémiste sunnite Etat islamique (EI) et qui ont coûté la vie à 142 personnes dans deux mosquées de la capitale.

La réunion permettra aux ambassadeurs des 15 pays d'entendre un compte-rendu de la situation, fait probablement par vidéo-conférence par l'émissaire de l'ONU Jamel Benomar qui tente depuis plusieurs mois une médiation dans le conflit yémenite.

Des représentants du Yémen et du Qatar, qui préside actuellement le Conseil de coopération du Golfe, prendront aussi la parole avant que le Conseil ne tiennent des consultations à huis clos.

Selon des diplomates, il est possible, mais pas certain, que le Conseil adopte à cette occasion une déclaration mais pas une résolution, trop longue à négocier en quelques heures.

L'aéroport de Taëz aux mains des Houthis et de leurs alliés

Par ailleurs, des miliciens chiites Houthis et des militaires fidèles à l'ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh contrôlaient dimanche l'aéroport de Taëz, grande ville située dans la partie méridionale du Yémen, a-t-on appris de sources sécuritaires.

Taëz commande la route vers Aden où est retranché le président Abd Rabbo Mansour Hadi depuis sa fuite en février de Sanaa, où il était assigné à résidence par les Houthis, les nouveaux maîtres de la capitale. Les Houthis sont soutenus par l'Iran chiite et le président Hadi par les pays du Golfe, dont l'Arabie saoudite sunnite.

Quelque 300 Houthis, en tenue militaire, et soldats se sont déployés dans l'enceinte de l'aéroport de Taëz. Des renforts étaient en route en provenance de Sanaa, à 250 km au nord, a précisé à l'AFP une source aéroportuaire.

"Ces soldats sont partisans de l'ancien président Saleh" qui, plus de trois ans après son départ du pouvoir sous la pression de la rue, reste influent au sein de différents corps d'armée, a expliqué à l'AFP une source militaire.

Des miliciens Houthis ont patrouillé dans certains quartiers de Taëz et établi des postes de contrôle à Naqil al-Ibel et al-Rahida, deux localités situées respectivement à 30 km et 80 km au sud, ont indiqué à l'AFP des sources tribales.

Face à la progression des Houthis vers Aden, les forces loyales au président Hadi, soutenues par des tribus et des membres des "comités populaires" (supplétifs de l'armée), s'employaient dimanche à renforcer les défenses autour de la capitale du sud, selon des sources de sécurité et militaire.

Ces forces établissaient notamment une ceinture de sécurité à la périphérie d'Aden où des soldats, "soutenus par une quarantaine de chars de combat, ont été déployés dans le nord et l'ouest" de la ville, a déclaré à l'AFP une source militaire.

Les Etats-Unis évacuent

Enfin, les Etats-Unis ont annoncé samedi soir qu'ils avaient évacué tout leur personnel encore présent au Yémen pour des raisons de sécurité, après des attentats qui ont fait 142 morts à Sanaa.

"En raison de la détérioration de la situation sécuritaire au Yémen, le gouvernement américain a transféré temporairement son personnel restant au Yémen", a indiqué le porte-parole du Département d'Etat Jeff Rathke dans un communiqué.

Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi a été informé de cette décision et a reçu l'assurance que Washington "continuera à engager le peuple yéménite et la communauté internationale à soutenir fermement la transition politique au Yémen", a-t-on indiqué de même source.

Le président Hadi a promis samedi de combattre l'influence de l'Iran chiite au Yémen, au lendemain des premiers attentats revendiqués au Yémen par le groupe extrémiste sunnite Etat islamique (EI) et qui ont coûté la vie à 142 personnes dans deux mosquées de la capitale, contrôlée depuis septembre par la milice chiite des Houthis.

"Nous continuerons également à surveiller activement les menaces terroristes venant du Yémen", a affirmé encore M. Rathke.

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