Washington veut discuter avec Moscou pour éviter la destruction totale de la Syrie

19/10/15 à 15:40 - Mise à jour à 15:39

Source: Afp

Les Etats-Unis vont discuter avec la Russie et leurs alliés dans la région pour tenter d'éviter la destruction totale de la Syrie, a annoncé lundi à Madrid le secrétaire d'Etat américain, John Kerry.

Washington veut discuter avec Moscou pour éviter la destruction totale de la Syrie

John Kerry © Reuters

"Je reviendrai dans les prochains jours et rencontrerai des dirigeants de Russie, de Turquie, d'Arabie saoudite et de Jordanie (...) pour explorer les options qui pourraient peut-être permettre de relancer un processus vers une transition en Syrie", a déclaré M. Kerry qui terminait par Madrid un court voyage en Europe.

A Moscou, l'agence Ria Novosti a évoqué une rencontre des chefs des diplomaties russe, américaine et saoudienne qui "pourrait avoir lieu à Vienne".

Washington assume la responsabilité "de tenter d'éviter la destruction totale et complète de la Syrie avec ses implications négatives", notamment la vague de migrants fuyant le conflit, a expliqué le secrétaire d'Etat après une rencontre avec son homologue espagnol Jose Manuel Garcia-Margallo.

"Nous avons moralement intérêt à chercher un moyen d'éviter que la catastrophe qui se déroule empire encore". Déjà, trois quarts des Syriens, 12 millions de personnes, sont déplacés à l'intérieur du pays ou réfugiés à l'étranger, a-t-il poursuivi.

"Le niveau d'immigration en Europe est dangereux" en raison de la difficulté à l'absorber, et "la menace de voir encore plus (de réfugiés) arriver si la violence continue et que la Syrie implose est réelle", a averti M. Kerry. Une nouvelle vague aurait selon lui des "implications énormes en termes de sécurité", non seulement pour l'Union européenne mais aussi la Turquie, la Jordanie et le Liban.

Le secrétaire d'Etat a répété sa crainte que par son intervention militaire dans le conflit, la Russie cherche "simplement à maintenir en place (le président syrien Bachar) al-Assad, ce qui ne ferait qu'attirer plus de jihadistes dans le conflit et augmenter le nombre de réfugiés".

"Si en revanche, la Russie est là-bas pour nous aider à trouver la voie vers une solution politique et simultanément combattre Daech (acronyme arabe de l'organisation Etat islamique), il y a une possibilité d'explorer une voie totalement différente. Nous devons nous asseoir et parler pour explorer ce type de possibilités", a conclu M. Kerry.

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