Vol MH17: un an après, les Pays-Bas rendent hommage aux victimes

17/07/15 à 17:19 - Mise à jour à 17:19

Source: Belga

Les Pays-Bas et d'autres pays ont rendu hommage vendredi aux victimes du crash du Boeing de Malaysia Airlines, abattu il y a un an au-dessus de l'Ukraine, alors que Londres a appelé à créer un tribunal spécial pour juger les responsables.

Vol MH17: un an après, les Pays-Bas rendent hommage aux victimes

© Reuters

Aux Pays-Bas, d'où étaient originaires la plupart des 298 personnes qui ont péri lorsque l'appareil s'est écrasé le 17 juillet 2014 dans l'est de l'Ukraine, les drapeaux étaient en berne. Quelque 1.600 proches et amis des victimes ont assisté à une cérémonie privée dans le centre des Pays-Bas.

"J'y pense encore chaque jour", a déclaré le Premier ministre néerlandais Mark Rutte à une télévision néerlandaise peu avant le début des cérémonies.

En Australie, le Premier ministre Tony Abbott a dévoilé une plaque devant 120 membres des familles des 38 victimes venues d'Australie. "Aujourd'hui nous nous souvenons de nos morts", a-t-il dit.

En Ukraine, près de 200 personnes ont participé à une cérémonie, organisée par les autorités séparatistes, dans un champ aujourd'hui nettoyé, près du village de Grabove, où la majorité des débris du vol MH17 sont tombés.

"Nous sommes prêts à fournir toute l'aide nécessaire aux gens qui prouveront que c'est le pouvoir ukrainien criminel qui a laissé cette tragédie se produire", a dit un dirigeant séparatiste, Alexandre Zakhartchenko, devant la petite foule rassemblée. "Vous avez été tués, mais nous on nous tue encore", pouvait-on lire sur une banderole.

Les familles des victimes n'ont pas participé à cette commémoration organisée par les séparatistes, que Kiev et les Occidentaux accusent d'avoir abattu l'avion.

En ce jour anniversaire, Londres s'est prononcé pour la création d'un tribunal international chargé de juger les responsables du crash, toujours inconnus.

"Justice doit être rendue pour les 298 innocents", a déclaré le secrétaire au Foreign Office, Philip Hammond. "Cela requiert un tribunal international, appuyé par une résolution contraignante pour les Etats membres de l'ONU, afin de poursuivre les responsables".

Le président ukrainien Petro Porochenko a estimé vendredi que punir ceux qui ont abattu le Boeing était le "devoir moral" de la communauté internationale.

Peu après le crash, le Conseil de sécurité des Nations unies avait adopté la résolution 2166, qui réclame que les responsables "rendent des comptes et que tous les Etats coopèrent pleinement dans cette tâche".

La Malaisie et les Pays-Bas, premiers concernés, ont lancé l'idée d'un tribunal qui serait soutenu par l'ONU, mais la Russie, qui dispose d'un droit de veto au Conseil de sécurité, y est opposée.

Les 298 passagers et membres d'équipage sont morts lorsque l'avion effectuant un vol régulier entre Amsterdam et Kuala Lumpur a été abattu, au cours de l'une des phases les plus violentes des hostilités entre les forces ukrainiennes et les séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine.

Kiev et les Occidentaux soupçonnent les séparatistes d'avoir utilisé un missile sol-air BUK, fourni selon eux par la Russie, pour abattre l'appareil civil, croyant tirer sur un appareil militaire ukrainien.

Moscou dément toute implication dans le crash et accuse les militaires ukrainiens.

Les Pays-Bas ont été chargés de la recherche des restes des victimes et de l'enquête sur les causes du crash. Les corps de tous les passagers, à l'exception de ceux de deux Néerlandais, ont été retrouvés et identifiés.

Le Bureau néerlandais d'enquête pour la sécurité (OVV) doit remettre son rapport final sur les raisons du crash début octobre. Sa porte-parole, Sara Vernooij, note toutefois que ce rapport ne s'intéresse qu'aux causes de la catastrophe et n'identifiera pas les responsables.

Une enquête judiciaire internationale est en cours. Le procureur néerlandais Fred Westerbeke a indiqué en juin que l'on a identifié "de nombreuses personnes présentant un certain intérêt", mais que le dossier ne serait pas finalisé avant la fin de l'année au plus tôt.

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