Violence, menaces et incertitudes en Thaïlande

23/04/10 à 12:10 - Mise à jour à 12:10

Source: Le Vif

Une série d'attaques à la grenade ont fait trois morts et septante blessés suite au face-à-face à entre deux groupes de manifestants antagonistes. Les autorités et les manifestants contre le gouvernement s'accusent mutuellement d'être à l'origine des ces explosions.

Violence, menaces et incertitudes en Thaïlande

© EPA

Alors que des "chemises rouges", favorables à un retour de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, manifestaient près du quartier financier de Bangkok, qu'ils contrôlent, en face des "sans couleurs", qui soutiennent le gouvernement en place, trois grenades ont successivement explosé. Eloignées de quelques centaines de mètres, le bilan des attaques s'élève à présent à trois morts et septante blessés. La guerre médiatique et les accusations, qui font déjà rage depuis la reprise des manifestations début mars, ont franchi un nouveau cap.

Le vice-Premier ministre Suthep Thaugsuban a affirmé que les grenades avaient été lancées depuis la zone contrôlée par les "chemises rouges". "Les M79 ont une portée d'environ 400 mètres et il est clair qu'elles ont été tirées de (...) l'endroit où les chemises rouges manifestent", a-t-il ajouté à l'issue d'une réunion extraordinaire de sécurité convoquée par le Premier ministre, Abhisit Vejjajiva. Un des dirigeants des manifestants, Jatuporn Prompan, rétorque : les grenades "ont été lancées de l'autre coté. Quiconque a organisé les attaques aux M79 veut que les gens pensent que ça a été fait par les rouges".

Escalade verbale

Cet évènement fait suite à une nouvelle tentative d'intimidation des "chemises rouges", par l'armée thaïlandaise, pour les déloger du quartier touristique et commercial dans lequel ils sont barricadés. Le colonel Sunsern Kaewkumnerd a annoncé qu'il ne leurs restait plus beaucoup de temps avant que l'armée ne les expulse de force .Il soutient qu' "afin de disperser la foule, les autorités prendront des mesures décisives et ce sera le chaos". Dans un entretien avec l'AFP, le chef de l'armée a atténué ces propos rappelant que l'armée pouvait faire respecter la loi sans mort ni blessé".

Dans ce contexte de menaces et d'incertitudes, les manifestants ont écrit une lettre demandant l'intervention d'une force de maintien de la paix de l'ONU. "Nous allons (...) remettre à l'ONU une lettre adressée au secrétaire général pour expliquer que ce gouvernement a fait usage de la force contre des manifestants non armés", a déclaré Weng Tonjirakarn, l'un des leaders des "chemises rouges". Le porte-parole de l'armée thaïlandaise, Sunsern Kaewkumnerd, a simplement répondu que cette demande était inopportune et qu'il "s'agit d'affaires intérieures".

Bangkok, la capitale thaïlandaise vit en état de siège depuis plus d'un mois. Les manifestants et la population redoutent un nouveau bain de sang comme lors des affrontements du 10 avril qui avaient fait 25 morts - 19 civils, cinq militaires et un journaliste japonais - et plus de 800 blessés.

Guillaume bur, avec belga.

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