Victoire des conservateurs et triomphe en Ecosse des nationalistes

08/05/15 à 06:39 - Mise à jour à 08:08

Source: Belga

Le Premier ministre conservateur David Cameron paraissait en mesure d'effectuer un second mandat grâce à un score frisant la majorité absolue aux législatives britanniques jeudi, tandis que les nationalistes écossais du SNP réalisaient un raz-de-marée de nature à galvaniser leurs ardeurs indépendantistes, selon un sondage sortie des urnes.

Victoire des conservateurs et triomphe en Ecosse des nationalistes

© Reuters

Le Premier ministre sortant, David Cameron, confortablement réélu député dans sa circonscription, a parlé vendredi "d'une très grande nuit pour le Parti conservateur", en bonne position pour former le nouveau gouvernement selon les estimations et les résultats dans quelque 450 circonscriptions.

"Il s'agit clairement d'une très grande nuit pour le parti conservateur", a déclaré le leader des tories, soulignant toutefois qu'il était "trop tôt pour savoir exactement quel sera le résultat" final. Selon les dernières projections de la BBC, les conservateurs obtiendraient 325 députés, à un siège de la majorité absolue et très loin devant les travaillistes. Face au raz-de-marée des nationalistes écossais du SNP dans leur région, M. Cameron a souligné que son but était "de gouverner pour tout le monde" en Grande-Bretagne et de "rassembler le Royaume-Uni". Il a évoqué de nouveaux transferts de pouvoirs aux régions s'il avait "le bonheur de former un gouvernement dans les prochains jours". Le Premier ministre conservateur s'acheminait vers une victoire surprenante par son ampleur l'autorisant notamment à soumettre à référendum l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE d'ici à 2017. "J'ai toujours dit que la seule enquête d'opinion qui compte est celle du jour d'élection et je dirais que cela n'aura jamais été aussi vrai qu'aujourd'hui. On a eu une réponse positive à une campagne positive", a-t-il affirmé.

"Si ces chiffres se confirment, il s'agira pour les conservateurs d'un résultat dépassant toutes les prévisions", a commenté Tony Travers, politologue à la London School of Economics (LSE). David Cameron, pourrait prendre la tête d'un gouvernement minoritaire et aurait donc également la voie libre pour organiser d'ici 2017 le référendum qu'il a promis sur le maintien ou pas du Royaume-Uni dans l'Union européenne. La perspective d'un "Brexit", pour "British exit", inquiète les partenaires de Londres.

Nicola Sturgeon

Nicola Sturgeon © Reuters

Les nationalistes écossais du SNP rafleraient pour leur part 58 des 59 sièges de députés en jeu dans leur région. Ils multiplieraient ainsi par plus de neuf le nombre de leurs députés à la Chambre des Communes par rapport à 2010. La chef de file du SNP Nicola Sturgeon a eu le triomphe modeste dans sa première réaction sur Twitter. Elle a douté que son parti ait pu remporter tous les sièges écossais sauf un. Pendant toute la journée, de nombreux électeurs à Glasgow et Edimbourg ont exprimé leur volonté "de revanche", à savoir la tenue d'un référendum d'indépendance après un premier rendez-vous manqué avec l'histoire en septembre.

Le travailliste Ed Balls a évoqué une "nuit terrible en Ecosse" pour son parti, si ces chiffres se confirmaient. La région constituait un bastion traditionnel du Labour. Les libéraux-démocrates, qui gouvernaient avec les conservateurs depuis cinq ans, voient le nombre de leurs députés s'effondrer de 56 dans la précédente législature à 10. "Leur existence en tant que parti est sérieusement menacée", a souligné Patrick Dunleavy, un autre politologue à la LSE. Selon lui, Nick Clegg, le chef de la formation de centre-gauche, vice-Premier ministre, "est fini". Le parti populiste et europhobe Ukip, desservi par le mode de scrutin, conserve 2 sièges, en dépit de sondages qui le plaçaient à 14% des intentions de vote. Son dirigeant, Nigel Farage, était menacé à South Thanet. Il a annoncé qu'en cas d'échec "il tirerait le rideau".

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