Venezuela: "Mon emprisonnement infâme vaudra la peine"

18/02/14 à 21:40 - Mise à jour à 21:40

Source: Le Vif

L'opposant vénézuélien en fuite Leopoldo Lopez s'est rendu mardi à la police à Caracas, où partisans du pouvoir et de l'opposition arboraient leurs couleurs rouge et blanc, à l'occasion d'une nouvelle journée de mobilisation en pleine grogne sociale.

Venezuela: "Mon emprisonnement infâme vaudra la peine"

© Reuters

"Mon emprisonnement infâme vaudra la peine" s'il permet au "Venezuela de se réveiller définitivement" et à la "majorité des Vénézuéliens et des Vénézuéliennes qui veulent des changements (de) les obtenir démocratiquement", a clamé devant ses partisans quelques instants avant de se rendre à la police sur une place de l'est aisé de Caracas le dirigeant du parti Voluntad Popular, fugitif depuis une semaine.

Sous l'oeil de milliers de partisans, et de nombreux journalistes, M. Lopez, 42 ans, était d'abord apparu juché sur une statue du libérateur cubain Jose Marti, sur la place Brion, vêtu de blanc et un drapeau vénézuélien à la main, dénonçant une justice "injuste" et "corrompue". Il était sous le coup d'un mandat d'arrêt depuis les violences ayant entaché une manifestation mercredi, au cours de laquelle trois personnes avaient été tuées et des dizaines blessées, point d'orgue d'une mobilisation étudiante contre l'insécurité, l'inflation et les pénuries.

Caracas vivait mardi une journée de tension, mais sans incidents, avec deux mobilisations de plusieurs milliers de personnes, l'une en soutien au président Nicolas Maduro, héritier du défunt Hugo Chavez, l'autre à l'appel de M. Lopez, l'un des chefs de file les plus radicaux de la contestation actuelle contre le pouvoir "chaviste".

Etudiants et opposants, vêtus de blanc, sont finalement restés confinés par un imposant dispositif policier dans l'est de la ville, alors qu'ils espéraient marcher jusqu'au ministère de la Justice, situé dans le centre, à proximité du palais présidentiel de Miraflores, bastion "chaviste". "24.763 morts violentes en 2013. Nous sommes plus que des chiffres", voyait-on sur la pancarte brandie par un étudiant. A la même heure, à seulement 1,5 km de là, plusieurs milliers d'employés du secteur du pétrole, principale ressource du pays, souvent vêtus de rouge, défilaient en soutien au président Maduro en direction du palais de Miraflores.

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