Véhicule-bélier en Allemagne, un attentat islamiste exclu pour le moment

07/04/18 à 20:26 - Mise à jour à 20:56

Source: Afp

Un homme a tué au moins trois personnes samedi en fonçant avec un véhicule sur la foule à Münster, dans l'ouest de l'Allemagne, avant de se donner la mort. Le ministre de l'Intérieur a écarté samedi soir l'hypothèse d'un attentat islamiste et souligné que le conducteur était de nationalité allemande.

Véhicule-bélier en Allemagne, un attentat islamiste exclu pour le moment

© Reuters

"Rien n'indique pour le moment qu'on ait affaire à des motivations islamistes" dans cette affaire, a déclaré Herbert Reul à la presse à Münster, où se sont déroulés les faits. Il a aussi ramenéle bilan à deux personnes tuées par le véhicule-bélier, le conducteur s'étant ensuite donné la mort.

Selon le quotidien Süddeutsche Zeitung, la chaîne de télévision publique ZDF et l'agence de presse allemande dpa, l'assaillant, un Allemand de 49 ans, souffrait de troubles psychologiques.

"Il n'y a pas d'indice d'un acte terroriste", écrit la Süddeutsche Zeitung tandis que ZDF assure qu'il avait tenté "il y a peu" de se suicider et que le véhicule était immatriculé à son nom.

Selon la chaîne n-tv, il avait aussi tout récemment clamé son intention de se suicider et de le faire savoir au plus grand nombre de personnes possible.

Une porte-parole de la police, jointe par l'AFP, n'a pas pu confirmer ces informations.

L'homme a foncé avec son véhicule sur les clients installés à la terrasse d'un restaurant-café très couru notamment des touristes, dans le centre de Münster, ville de 300.000 habitants, située dans l'Etat régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Les faits se sont déroulés vers 15H30 (13H30 GMT), alors que les terrasses étaient pleines et les commerces remplis de clients, en cette journée ensoleillée.

Parmi les clients du restaurant-café, les autorités locales déplorent au moins "trois morts" et "20 blessés dont six graves", a indiqué sur place un porte-parole de la police, Andreas Bode.

La police a ensuite fait évacuer les alentours en raison de la présence possible d'un engin suspect à l'intérieur du véhicule. Interrogée par l'AFP en fin de journée, la police n'a donné aucun détail supplémentaire.

Camionnette

L'assaillant, qui conduisait une camionnette selon plusieurs médias, s'est suicidé avec une arme à feu peu de temps après les faits "dans son véhicule", selon les autorités.

La police n'a jusqu'ici livré aucune précision sur les motivations de l'assaillant.

"On a entendu un grand bruit et des cris, la police est arrivée", a raconté sur n-tv un serveur du café où s'est produit le drame. "Il y avait beaucoup de gens qui criaient, je suis en colère, c'est complètement lâche de faire une chose pareille", a-t-il ajouté.

L'arrivée du véhicule à vive allure sur cette place historique, sur laquelle débouchent plusieurs petites rues, a provoqué la panique parmi les passants et des images circulant sur les réseaux sociaux montraient des chaises renversées et cassées.

Peu après, policiers, dont certains lourdement armés, et pompiers se sont déployés sur les lieux du drame.

Le gouvernement allemand a indiqué via l'une de ses porte-parole, Ulrike Demmer, que ses pensées allaient aux victimes et à leurs proches après "les nouvelles terribles venues de Münster".

Camion-bélier de Berlin

Si l'origine des faits n'est pas encore établie, ils interviennent dans un contexte tendu en Allemagne.

Les autorités allemandes sont sur le qui-vive depuis un an et demi en raison de plusieurs attentats islamistes perpétrés ou envisagés dans le pays, notamment celui au camion-bélier revendiqué par le groupe Etat islamique qui a fait 12 morts en décembre 2016 sur un marché de Noël à Berlin.

Son auteur, le Tunisien Anis Amri avait été tué quelques jours plus tard près de Milan.

Les mouvements islamistes potentiellement violents ont connu ces deux dernières années un essor dans le pays. Les services du renseignement intérieur estiment à environ 10.000 le nombre d'islamistes radicaux en Allemagne, dont 1.600 soupçonnés de pouvoir passer à la violence.

Plusieurs des actes terroristes ont été commis par des demandeurs d'asile et valent à la chancelière Angela Merkel d'être accusée par ses détracteurs d'avoir fait peser un risque à son pays en ouvrant la porte à des centaines de milliers de réfugiés en 2015 et 2016.

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