"Vatileaks" émerge à nouveau avec un prétendu "lobby gay"

22/02/13 à 13:55 - Mise à jour à 13:55

Source: Le Vif

A quelques jours de la démission de Benoît XVI, les révélations vraies ou fausses, manipulations ou "scoops" qui avaient ponctué en 2012 le scandale des fuites "Vatileaks" font leur réapparition, évoquant un prétendu "lobby gay" au Vatican.

"Vatileaks" émerge à nouveau avec un prétendu "lobby gay"

© Reuters

Alors que "Vatileaks" avait cessé depuis la grâce papale en décembre du "corbeau" Paolo Gabriele, ex-majordome du pape, de faire la Une des médias, deux articles dans le quotidien La Repubblica et l'hebdomadaire Panorama l'ont remis sur le devant de l'actualité.

Selon Repubblica, la décision de Benoît XVI de renoncer à sa charge pourrait avoir été renforcée par sa vive contrariété après avoir pris connaissance en octobre d'un volet - faisant référence à un "lobby gay" au Vatican - de l'enquête ultra-secrète menée au sein de la Curie par une commission de trois cardinaux à la retraite.

Dans cet article aux formules sensationnalistes intitulé "Sexe et carrière, les chantages au Vatican derrière la renonciation de Benoît XVI", le cardinal espagnol de l'Opus Dei, Julian Herranz, qui dirige cette commission, aurait évoqué le 9 octobre devant le pape le dossier "le plus scabreux": à savoir "un réseau transversal uni par l'orientation sexuelle" et, "pour la première fois, le mot homosexualité était prononcé" dans l'appartement pontifical.

Selon Panorama, le "lobby gay" du Vatican "serait, et de loin, le plus ramifié et influent de tous ceux existant au sein de la Curie" romaine. D'après Repubblica, le rapport indiquerait que certains prélats auraient subi "l'influence extérieure" (autrement dit le chantage) de laïcs auxquels ils seraient liés par des liens de "nature mondaine".

Le Vatican a pointé des erreurs grossières dans cet article, estimant qu'il ne doit pas être pris au sérieux. Il n'y aura "ni démentis, ni commentaires, ni confirmations" sur les "spéculations, fantaisies et opinions" diffusées par la presse en cette période, a ajouté le porte-parole, le père Federico Lombardi.

Selon un vaticaniste du quotidien La Stampa, le pape, avant sa démission, recevra les trois cardinaux et le contenu du volumineux rapport secret, rédigé sur la base d'auditions conduites à tous les niveaux du Saint Siège, pourrait être discuté lors de la Congrégation générale, une réunion cardinalice qui prépare le Conclave.

Ces trois cardinaux avaient été nommés au printemps dernier par Benoît XVI après les fuites de nombreux documents confidentiels, mais le rapport était censé rester secret.

Selon le père Lombardi, la décision historique du pape de renoncer à sa charge n'était due à aucune "dépression", ni à des motifs psychologiques mais à l'affaiblissement de ses forces.

En octobre dernier, deux jours après avoir reçu le cardinal Herranz, le pape, dans un discours au ton pessimiste à l'ouverture de l'Année de la foi, avait évoqué sous forme de métaphore "les mauvais poissons" qui sont pêchés dans le filet de l'Église.

Selon les vaticanistes, la fuite de documents dans le scandale "Vatileaks" a pu être utilisée par l'un ou l'autre pour déconsidérer un rival au sein de la Curie. Un phénomène qui pourrait se répéter, alors que le Conclave approche, dans le but de peser sur le choix du nouveau pape.

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