Vatican : derniers moments de liberté pour les cardinaux avant le conclave

11/03/13 à 11:10 - Mise à jour à 11:10

Source: Le Vif

Un peu de tourisme et de bonne chère : les cardinaux électeurs ont profité de leurs derniers moments de liberté, avant d'entrer mardi après-midi en conclave où il seront coupés du monde extérieur.

Vatican : derniers moments de liberté pour les cardinaux avant le conclave

© Reuters

Les cardinaux américains et britanniques ont ainsi été aperçus dans des restaurants de la capitale italienne, profitant du peu de temps libre que leur laissaient les congrégations générales, ces réunions de tous les princes de l'Eglise au cours desquelles ils ont dressé le profil du prochain pape. "Il est difficile de ne pas bien manger à Rome", a commenté l'archevêque de Boston, Mgr Sean O'Malley, un des 115 cardinaux électeurs qui entreront dans la chapelle Sixtine pour élire le nouveau pape.

Mardi matin, ces cardinaux devront tous déménager dans la maison Sainte Marthe qui leur servira de domicile pendant toute la durée du conclave et où ils seront totalement coupés du monde extérieur en raison du secret qui doit entourer l'élection du pape.

Les paparazzi s'intéressent aux cardinaux

Les fameux "paparazzi" romains ont délaissé cette fois-ci les stars du cinéma et du foot déclarant ouverte "la chasse" au cardinal. Ainsi le dernier numéro de l'hebdomadaire italien Chi, plus connu pour avoir publié l'été dernier des photos des seins nus de Kate Middleton, a consacré deux pages au cardinal américain Roger Mahony en train de boire du vin dans un restaurant. Ce cardinal est dans la ligne de mire: des associations de victimes d'abus, qui l'accusent d'avoir couvert des prêtres pédophiles, avaient réclamé qu'il ne participe pas au conclave.

Le cardinal français Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a été vu en train de pédaler énergiquement sur son vélo en arrivant au Vatican pour les congrégations générales, une manière peut-être d'éviter les hordes de journalistes devant les barrières barrant l'entrée.

Le cardinal britannique Cormac Murphy O'Connor, ancien archevêque de Westminster a pour sa part évoqué en des termes lyriques la capitale italienne, parlant dans une interview d'"un adorable village ecclésiastique" qu'il a trouvé lors de son premier passage dans la ville éternelle ... en 1950.

Son collègue américain, l'archevêque de Washington Donald Wuerl, qui parle très bien l'italien après avoir vécu pendant des années à Rome, a été photographié en train de remercier le cuisinier d'un restaurant traditionnel proche du Vatican où il avait déjeuné.

L'archevêque de New York, le cardinal Timothy Dolan, a envoyé une lettre à ses paroissiens pour leur dire qu'il regrettait de ne pas être avec eux pour la Saint Patrick, le patron de la ville dont la fête sera cette année le 17 mars. "Jusqu'à présent je n'ai pas pu trouver du pain de mie irlandais, de corned-beef et de whisky. Mais ne vous méprenez pas, j'adore la nourriture et le vin, ici à Rome", a-t-il ajouté.

Escapades touristiques

Un cardinal mexicain et son collègue brésilien ont même trouvé le temps pour une petite escapade touristique dans la ville voisine de Viterbe où s'est déroulé au XIIIe siècle le plus long conclave de l'histoire de l'Eglise, 33 mois, et qui a donné son nom à cette institution.

Le Brésilien Raymundo Damasceno Assis et le Mexicain Norberto Rivera Carrera ont ainsi visité l'imposant palais pontifical où la population avait enfermé à clefs ("cum clave" en latin d'où le nom conclave, ndlr) les cardinaux pour les obliger à accélérer l'élection du pape.

Le cardinal sud-africain Wilfrid Napier, archevêque de Durban, qui avait déjà participé au précédent conclave en 2005 lorsque Joseph Ratzinger a été élu pape, a choisi le mode humoristique sur Twitter pour expliquer à quoi ressemble, au XXIème siècle, cet exercice remontant au Moyen-Age. "A quoi ressemble un conclave? A part le fait qu'il n'y a ni radio ni TV, qu'il n'y a pas de journaux ni de coups de fil, courriels ou SMS, pas de Twitter ou Facebook, tout le reste est normal", a-t-il écrit. "A la maison Sainte Marthe il n'y a aucune connexion", a-t-il ajouté.

"Nous parlons, nous discutons, nous apprenons à mieux nous connaître. Les repas représentent un moment particulier. Nous nous détendons, nous racontons les histoires sur nos Eglises respectives, nous rêvons de l'avenir", a-t-il conclu.

En savoir plus sur:

Nos partenaires