USA: un condamné à mort demande que son exécution soit filmée pour en montrer la cruauté

17/05/14 à 15:18 - Mise à jour à 15:18

Source: Le Vif

Russell Bucklew, le condamné à mort qui doit être exécuté mercredi prochain dans l'Etat du Missouri, souhaite que son exécution soit filmée. Il sera le premier à subir une injection létale depuis l'exécution controversée de Clayton Lockett (le 29 avril en Oklahoma), mort après trois quarts d'heure d'atroces souffrances et à l'origine d'une importante polémique aux Etats-Unis au sujet des produits utilisés pour l'injection.

USA: un condamné à mort demande que son exécution soit filmée pour en montrer la cruauté

© Reuters

Depuis le refus des fabricants européens de fournir les Etats-Unis en anesthésiants pour leurs exécutions humaines, les 32 Etats américains pratiquant la peine de mort se tournent souvent vers des préparateurs en pharmacie non homologués. Le Missouri fait partie des Etats qui refusent de divulguer le nom de leur nouveau fournisseur ainsi que la composition des produits injectés, ce qui a récemment mené à une plainte déposée par cinq médias américains, qui estiment que la Constitution garantit le droit à ces informations.

Russell Bucklew veut que les preuves des souffrances qu'il est sûr d'endurer puissent être conservées. Condamné à mort pour le meurtre de son rival et le viol de son ex-compagne, il affirme qu'il souffre

de tumeurs vasculaires au cerveau et au cou ainsi que de troubles circulatoires. Sa plainte de quinze pages demande de filmer son exécution dans le but de "préserver une preuve cruciale" que le procédé utilisé viole le 8e Amendement de la Constitution américaine, interdisant les peines cruelles et inhabituelles.

Selon un anesthésiste, "M. Bucklew court un grand risque de s'étouffer et de suffoquer durant l'exécution, en raison de l'obstruction partielle de ses voies respiratoires et de complications dues à des angiomes" congénitaux qui peuvent créer des hémorragies. "La vidéo d'une exécution peut servir pour une future procédure judiciaire, qu'il s'agisse des descendants de M. Bucklew, de lui-même ou de n'importe quel autre prisonnier", lit-on dans le document.

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