USA : La bataille pour l'investiture républicaine est lancée

15/09/11 à 16:20 - Mise à jour à 16:20

Source: Le Vif

Les primaires du parti républicain n'auront pas lieu avant janvier 2012, mais déjà deux figures dominent les débats: Mitt Romney et Rick Perry, dont l'ascension fulgurante commence à inquiéter le parti.

USA : La bataille pour l'investiture républicaine est lancée

© EPA

C'est désormais le favori des sondages: Rick Perry devance ses concurrents dans la course à l'investiture républicaine pour les élections présidentielles américaines de 2012. Et c'est pour lui que battait le coeur du public, lors du débat de lundi soir en Floride. En l'absence de Sarah Palin, leur égérie "historique", les adeptes du mouvement Tea Party, qui co-organisait ce rendez-vous avec CNN, semblent avoir jeté leur dévolu sur le gouverneur du Texas. Nettement plus applaudi que les autres prétendants, il éclipse notamment l'étoile de Michele Bachmann, pâlissante.
Résultat, il s'est transformé en cible vivante aux yeux de ses concurrents, lundi soir. "Le fait qu'il fasse l'objet de tant d'attaques, que de nombreuses questions lui aient été adressées, montre qu'il mène la danse", se réjouit le gouverneur de Louisiane Bobby Jindal qui s'est prononcé en sa faveur.

Perry attaqué sur ses deux flancs

Rick Perry a bien sûr reçu des piques de Mitt Romney, son principal rival pour l'investiture républicaine. L'ex-gouverneur du Massachussetts l'a notamment pris à partie au sujet de la sécurité sociale qu'il considère comme une pyramide "à la Ponzi" (vaste escroquerie qui avait fait la fortune et la chute de Bernard Madoff) et qu'il espère détricoter en cas de victoire en novembre 2012. C'est là le talon d'Achille de Rick Perry selon le camp démocrate.

Autre thème attendu: le bilan économique du gouverneur du Texas, en place depuis 2000. Son Etat va bien... mais pas forcément grâce à sa politique, estiment ses concurrents. "Si on vous distribue quatre as en début de partie, ça ne fait pas de vous un bon joueur de poker", lui a lancé Mitt Romney.

Rick Perry a également subi les assauts des concurrents qui se situent un peu plus à sa droite. Michele Bachmann l'a ainsi attaqué au sujet des vaccins contre le HPV (papillomavirus humain, pouvant entraîner des lésions et un cancer du col de l'utérus) dont il a voulu rendre l'injection obligatoire pour les adolescentes de 12 ans au Texas.

Rick Perry a répété qu'il avait commis là une erreur, tout en répétant qu'il espérait lutter contre le cancer... tandis que Rick Santorum et Ron Paul allumaient d'autres mèches contre lui, en relançant le débat sur son opposition à une clôture continue le long de la frontière mexicaine (qui "coûterait des milliards de dollars", argumente Rick Perry), ou sur la hausse des impôts au Texas.

Romney, valeur refuge pour l'establishment Voilà qui est plus inquiétant pour l'avenir de sa candidature, notamment selon Politico. Car pendant ce temps, le parti se tourne vers Mitt Romney. L'establishment du Grand Old Party n'est en effet "pas très à l'aise" avec les prises de position de Rick Perry, souligne le New York Times. Même un ancien conseiller de Ronald Reagan, figure dont se réclame le clan ultraconservateur, l'a qualifié d'"idiot". Et pour le New York Times, le fait que Tim Pawlenty, ex-prétendant à l'investiture républicaine, ait apporté son soutien à Mitt Romney traduit cette tendance qui devrait s'accentuer pour "ralentir" l'ascension fulgurante du Texan.

Le duel qui se dessine confirme la tendance déjà observée depuis deux ans: le parti est écartelé entre deux camps, deux stratégies. Entre l'establishment et les militants du mouvement Tea Party. Entre les leaders traditionnels et un nouveau souffle ultraconservateur. Entre la volonté de séduire les modérés et les indépendants lors de l'affrontement final avec Barack Obama, candidat à sa réélection, et la nécessité de motiver les électeurs attachés à des principes profonds et qui rechignent aux compromis. La première tendance penche pour Mitt Romney, la seconde semble envoûtée par Rick Perry.

Reports de voix et levées de fonds
"Reste à savoir sur qui se porteront les voix dont sont, pour le moment, crédités les plus petits candidats", estime Tom McGrath, président de la branche française des Republicans Abroad. Au fil des primaires, ils devraient en effet jeter l'éponge les uns après les autres, "certains ne passeront même pas le cap de l'Iowa et du New Hampshire", les deux premiers Etats concernés par ce processus long et complexe. "Les soutiens de Michele Bachmann devraient se tourner vers Rick Perry, ceux de Jon Huntsman vers Mitt Romney. Mais qu'en est-il des électeurs qui préfèrent Ron Paul, crédité de 12% selon CNN?"
Autre facteur à prendre en compte: le cas Sarah Palin. Tom McGrath ne croit pas à une candidature de sa part. Mais "vers qui se tourneront ses 15%? Sans doute en majorité vers Rick Perry, mais qui sait?" A ce petit jeu du report des voix, il calcule que Rick Perry devrait conforter son avantage, en l'état actuel des sondages d'opinion. Davantage que ces enquêtes, ce sont d'ailleurs les chiffres des levées de fonds qu'il a tendance à observer attentivement. "Cet indicateur est crucial. En avril 2008, Hillary Clinton n'avait plus un sou pour sa campagne quand Barack Obama continuait de ramasser.." On connaît l'issue de ce duel. Celui qui oppose Mitt Romney à Rick Perry ne fait que commencer.

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