Une popularité en marche arrière pour Emmanuel Macron

20/07/17 à 14:40 - Mise à jour à 14:39

Après le succès à l'élection présidentielle et après avoir obtenu la majorité absolue aux législatives, Emmanuel Macron fait actuellement face aux premières difficultés en tant que président de la République. On note une baisse de popularité significative à différentes échelles de la société française.

Une popularité en marche arrière pour Emmanuel Macron

© AFP

La lune de miel entre Emmanuel Macron et les Français semble déjà arriver au crépuscule. Après presque 3 mois de "Macronmania", le nouveau président français est en difficulté dans les sondages d'opinion, face à la majorité du corps militaire et l'opposition parlementaire, mais également au sein de son propre parti La République en Marche !

Hier, le dernier baromètre BVA pour Orange et La Tribune a publié ses résultats, avec comme question : "Quelle opinion avez-vous d'Emmanuel Macron en tant que président de la République ?" Résultat : seuls 54% des sondés ont exprimé une opinion favorable vis-à-vis du président de la République, soit une de baisse 5 points par rapport à l'enquête du même institut en juin. Ce sondage vient confirmer les résultats de l'étude d'opinion menée mardi dernier par Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud-Radio. Bien que celle-ci ait noté 66% de bonnes opinions à l'égard d'Emmanuel Macron, on peut constater une baisse de 3 points en comparaison avec le sondage précédent du même établissement. A titre de comparaison, François Hollande jouissait de presque la même cote de popularité pendant la même période de son quinquennat, en juillet 2012, avec 55% d'opinions favorables. Et pourtant, le taux d'impopularité historique qu'il a atteint au cours de son mandat n'est un secret pour personne.

Parallèlement, le bras de fer entre Emmanuel Macron et Pierre de Villiers, le chef d'Etat-Major, n'a pas arrangé les affaires du président de la République. Après l'annonce d'une coupe de 850 millions d'euros dans le budget de la Défense nationale, Pierre de Villiers a critiqué virulemment cette décision devant une Commission parlementaire : " je ne me laisserai pas baiser comme ça". Le lendemain, Emmanuel Macron rétorque vertement à ces propos : "Je considère, pour ma part, qu'il n'est pas digne d'étaler certains débats sur la place publique. J'ai pris des engagements. Je suis votre chef. Les engagements que je prends devant nos concitoyens et devant les armées, je sais les tenir. Et je n'ai à cet égard besoin de nulle pression et de nul commentaire". Cet épisode a abouti hier à la démission du Chef d'Etat-major, ce qui a fait l'unanimité de la gauche et la droite pour accuser le président de la République d'irresponsabilité. Même au sein de LREM ( La République en Marche !), une députée, Laetitia Saint-Paul, militaire d'active, a pris la défense de Pierre de Villiers dans le journal Le Monde. De plus, les militaires se sont ajoutés aux politiques pour afficher leur soutien à leur chef Pierre de Villiers. Ainsi, le colonel Michel Goya s'est publiquement indigné : "on ajoute l'humiliation à la trahison ".

Mais la baisse de confiance vis-à-vis du nouveau président ne s'est pas arrêtée aux portes de son propre parti. Dans son dernier numéro, le Canard enchaîné révèle que des députés LREM voulaient amender la version du gouvernement du texte de loi sur la moralisation de la vie publique. Une attitude qui a poussé le président de la République à débarquer à l'improviste dans une réception organisée entre les députés de la majorité parlementaire (LREM et le Modem). Emmanuel Macron a prononcé une allocution afin de rappeler sa confiance en les membres de sa majorité parlementaire.

Tout cela additionné, on peut déjà se demander si ces dissonances entre Macron et l'ensemble des catégories de Français sont les symptômes d'une future crise profonde ou un simple orage passager ?

Nidal Taibi

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