Une loi hongroise contre la liberté de la presse

23/12/10 à 15:23 - Mise à jour à 15:23

Source: Le Vif

Guy Verhofstadt, le chef de file des Libéraux au parlement européen, a dénoncé jeudi, l'adoption d'une nouvelle loi hongroise sur les médias qui les placent sous la haute autorité d'un Conseil des médias dont les membres appartiennent au Fidesz, le parti du Premier ministre Viktor Orban. M. Verhofstadt a appelé au respect de la liberté de la presse.

Une loi hongroise contre la liberté de la presse

© EPA

La Hongrie a adopté une nouvelle loi sur les médias qui crée la polémique en Europe. Cette nouvelle loi place les chaînes de radio et de télévision, la presse écrite et l'internet sous la haute autorité d'un Conseil des médias (MT), dont les cinq membres appartiennent au parti au pouvoir, Fidesz.

Ce conseil pourra décider d'infliger des amendes sévères aux organes de presse dont les productions "ne sont pas équilibrées politiquement" ou "portent atteinte à la dignité humaine", selon le texte qui entrera en vigueur le 1er janvier.

Pour Guy Verhofstadt, chef de file des Libéraux au parlement européen, la loi en question "est contraire à toutes les normes européennes". "Le temps de la Pravda (organe du parti communiste soviétique) est révolu", a-t-il déclaré. "La nouvelle loi est inacceptable. La Hongrie doit s'expliquer et la Commission européenne doit agir".

Sa réaction s'ajoute aux multiples critiques qui se sont élevées en Europe ces derniers jours contre la loi de la presse du gouvernement hongrois de Viktor Orban, soupçonné de vouloir museler ses médias alors que le pays s'apprête à prendre le 1er janvier la présidence tournante de l'Union européenne.

Mercredi, cette réforme a été dénoncée par la représentante de l'OSCE pour la liberté des médias, Dunja Mijatovic, comme une menace pour la liberté de la presse. L'Allemagne a également soutenu la position de l'OSCE. "En tant que pays qui va prendre la présidence de l'UE, la Hongrie assume une responsabilité particulière pour l'image de l'ensemble de l'Union dans le monde", a insisté le porte-parole adjoint du gouvernement allemand, Christoph Steegmans.

"Aucun Etat de l'UE ne peut être autorisé, au nom de questions de sécurité nationale indéfinies, à restreindre les libertés qui sont au coeur de nos valeurs européennes", a ajouté M. Verhofstadt.

Jusqu'à présent, la Commission européenne s'est refusé à prendre position sur cette législation controversée. Quant au gouvernement conservateur hongrois, il soutient qu'elle est conforme aux normes européennes.

Le Vif.be, avec Belga

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