Une centaine d'officiers turcs de l'Otan a demandé l'asile en Belgique

07/01/17 à 09:11 - Mise à jour à 09:09

Source: Belga

"Plus d'une centaine" de familles d'officiers turcs rattachés à l'Otan, licenciés dans la grande purge qui a suivi le coup d'Etat manqué de cet été, ont demandé l'asile à la Belgique, écrit samedi La Libre Belgique.

Une centaine d'officiers turcs de l'Otan a demandé l'asile en Belgique

. © Getty Images

Désormais accusés par le gouvernement turc d'être des terroristes, ces officiers se retrouvent sans salaire et n'osent pas rentrer au pays: 19 l'ont fait et ont été jetés en prison, selon un colonel limogé interrogé par le journal. Il est également question de torture et d'arrestations arbitraires, selon une source interne.

Selon le quotidien, 42 des 53 officiers turcs basés au siège de l'Otan à Haren ont été mis à pied et 80 sur 100 ont perdu leur emploi au Shape, basé à Casteau. Au total, "environ 450 des 600 positions turques dans les différentes implantations de l'Otan (dont les bases de Ramstein en Allemagne, de Norfolk aux Etats-Unis et de Naples en Italie) auraient été vidées".

Nouvelle vague de purges et menaces de déchéance de nationalité

Par ailleurs, les autorités turques ont encore limogé plus de 6.000 personnes et fermé des dizaines d'associations supplémentaires dans le cadre des enquêtes ouvertes après le putsch manqué en juillet, selon trois décrets-lois parus au Journal officiel dans la nuit de vendredi à samedi.

Dans le détail, 2.687 policiers, 1.699 fonctionnaires du ministère de la Justice, 838 de celui de la Santé et des centaines d'employés d'autres ministères, ainsi que 631 universitaires et 8 membres du Conseil d'Etat ont été limogés par ces décrets.

Ceux-ci annoncent par ailleurs que les ressortissants turcs se trouvant à l'étranger pourront être déchus de leur nationalité s'ils ne rentrent pas dans les trois mois suivant leur convocation par les autorités.

Plus de 80 associations accusées d'"activités portant atteinte à la sûreté de l'Etat" ont par ailleurs été fermées.

Ces mesures sont prises dans le cadre de l'état d'urgence instauré après la tentative de putsch du 15 juillet. Les autorités turques accusent Fethullah Gülen, un prédicateur exilé aux Etats-Unis, d'avoir ourdi le coup de force, ce que l'intéressé dément.

Depuis le coup d'Etat manqué, plus de 41.000 personnes ont été arrêtées en Turquie et plus de 100.000 limogées ou suspendues, notamment des professeurs, policiers et magistrats. D'une ampleur inédite en Turquie, ces purges suscitent l'inquiétude des partenaires occidentaux d'Ankara et d'organisations de défense des droits de l'Homme qui redoutent que l'état d'urgence, prolongé cette semaine de trois mois supplémentaires, ne serve de prétexte pour réprimer toute voix dissidente.

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