Un rapport de l'ONU met en cause le Rwanda pour des faits de "génocide" au Congo

27/08/10 à 09:03 - Mise à jour à 09:03

Source: Le Vif

Un rapport du Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, révélé jeudi par le journal français Le Monde, estime que des faits de "génocide" ont pu être commis en République démocratique du Congo (RDC) entre 1996 et 1998, et soutenus par le Rwanda.

Un rapport de l'ONU met en cause le Rwanda pour des faits de "génocide" au Congo

© Reuters

Dans ce document, dont le quotidien français dit s'être procuré une version quasi-définitive, les enquêteurs des nations unies estiment que "les attaques systématiques et généralisées - contre des Hutus réfugiés en RDC après le génocide de 1994 visant les Tutsis - révèlent plusieurs éléments accablants qui pourraient être qualifiés de crimes de génocide".

Ce rapport de 600 pages présente une synthèse des crimes commis durant la décennie 1993-2003. Plus précisément, il se réfère aux faits imputés à l'Armée patriotique rwandaise (APR) durant la première guerre en RDC (1996-1998) et à son alliée l'Alliance des Forces démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL).

Le rapport décrit "la nature systématique, méthodologique et préméditée des attaques contre les Hutus qui se sont déroulées dans chaque localité où des réfugiés ont été dépistés par l'AFDL/APR". Plus d'un million d'Hutus du Rwanda s'étaient réfugiés en RDC, craignant des représailles du Front patriotique rwandais, dominé par les Tutsis, arrivé au pouvoir à Kigali après le génocide visant essentiellement la minorité tutsi. L'objectif de l'APR était de démanteler les camps de réfugiés hutus rwandais où se cachaient d'ex-militaires et miliciens ayant activement participé au génocide.

Le Monde affirme que le président rwandais Paul Kagamé a tenté d'empêcher la publication de ce rapport et a menacé de retirer les troupes rwandaises des opérations de l'ONU. Dans une lettre au secrétaire général, Ban Ki-Moon, citée par le quotidien, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, menace "de revenir sur divers engagements auprès des Nations unies" dans le cas où le rapport "serait publié ou ferait l'objet de fuites dans la presse".

Le Vif.be, avec Belga

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