Un premier train depuis 18 ans en route de Belgrade vers le Kosovo

14/01/17 à 15:08 - Mise à jour à 15:07

Source: Belga

Un train, peint aux couleurs du drapeau serbe et frappé de l'inscription "le Kosovo est la Serbie" en plusieurs langues, ce que Pristina perçoit comme une provocation, était en route samedi vers le nord du Kosovo, une première depuis 18 ans.

Un premier train depuis 18 ans en route de Belgrade vers le Kosovo

© Belga

Belgrade a remis en fonction cette ligne, 18 ans après la fin du conflit 1998-1999, affirmant répondre aux besoins des habitants du nord du Kosovo, une région adossée à la Serbie et peuplée en majorité par des Serbes, a constaté un photographe de l'AFP.

Ce train, dont l'intérieur est décoré de répliques d'icônes des monastères orthodoxes serbes du Kosovo, permettra aux habitants du nord de ce territoire "d'avoir une meilleure communication avec la Serbie centrale", a fait valoir Marko Djuric, ministre serbe en charge du Kosovo présent au départ du train samedi matin à la gare centrale de Belgrade.

Pour Pristina, qui a appelé l'Union européenne à "stopper ce train illégal", un convoi ferroviaire frappé des couleurs de la Serbie représente une "sérieuse provocation" de Belgrade.

"La Serbie continue de provoquer le Kosovo, l'introduction d'une ligne de train illégale représente une ingérence qui menace notre souveraineté et prouve que la Serbie veut déstabiliser le Kosovo", a déclaré Edita Tahiri, responsable kosovare en charge des négociations avec Belgrade. "Qui peut demander de violer un droit fondamental, celui à la libre circulation", s'est de son côté interrogé M. Djuric, faisant valoir que des dizaines de lignes d'autobus serbes et kosovars sont déjà en fonction entre le Kosovo et la Serbie.

La Serbie et le Kosovo ont conclu en 2013, sous la houlette de l'UE, un accord historique de normalisation de leurs relations.

Ultime conflit ayant déchiré l'ex-Yougoslavie, la guerre au Kosovo (1998-1999) a fait 13.000 morts. Elle a conduit à la sécession de cette région majoritairement peuplée d'Albanais mais que la Serbie considère comme son berceau historique. Avec le soutien de la Russie, Belgrade ne reconnait pas l'indépendance proclamée par Pristina en 2008. Plus de 100 pays l'ont fait, dont les Etats-Unis et la majorité des pays membres de l'UE.

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