Un gâteau pour dénoncer l'excision fait scandale en Suède

18/04/12 à 15:55 - Mise à jour à 15:55

Source: Le Vif

Jusqu'où peut aller la provocation artistique ? Une manifestation culturelle visant à dénoncer les mutilations génitales fait scandale en Suède. L'artiste a préparé un gâteau représentant le corps d'une femme noire et invité ses invités à se servir une part en commençant par le "pubis".

Un gâteau pour dénoncer l'excision fait scandale en Suède

© YouTube

L'intention était bonne. Sa réalisation beaucoup plus maladroite. Une manifestation culturelle suédoise, destinée à sensibiliser le public à la lutte contre l'excision et les mutilations génitales, a déclenché une véritable polémique dans le pays, rapporte ce mercredi le site Madmoizelle.

En cause, un happening organisé dimanche par l'artiste suédois d'origine africaine, Makode Linde. Pour inaugurer l'exposition, qui se tient actuellement au musée d'art moderne de Stockholm, il a cuisiné un gâteau en forme de femme noire. Les convives étaient invités à se couper une part en commençant par le pubis tandis que l'artiste, dont la tête grossièrement maquillé dépassait du plateau, criait dès que le couteau touchait son "corps". Une manière, selon lui, de montrer l'horreur de l'excision clitoridienne.

Outre le mauvais goût de ce happening, les militants des associations de lutte contre le racisme ont dénoncé les clichés véhiculés par l'artiste. Le gâteau, tout d'abord, caricaturait les femmes africaines. Gros ventre, poitrine opulente, maquillage grossier pour "imiter" une immense bouche... D'autant, rappelle les associations que si cette pratique reste particulièrement vivace en Afrique sub-saharienne, d'autres cultures - en Inde ou dans les pays arabes - y ont recourt.

La ministre de la culture suédoise, Lena Adelsohn Liljeroth, qui a inauguré la découpe du gâteau, a reçu plusieurs demandes de démission, selon le Huffington Post. "La participation du ministre - qui riait, buvait et mangeait du gâteau - a amplifié l'insulte que constituait cette manifestation pour les personnes souffrant de railleries racistes et les femmes victimes de excision", a indiqué Kitimbwa Sabuni, la porte-parole de l'association nationale afro-suédoise. La femme politique s'est défendue sur la BBC en expliquant que l'artiste l'avait prise au dépourvu. "J'étais invitée à prendre la parole au sujet de la liberté de l'art et du droit à la provocation dans le cadre de la Journée internationale de l'art, et ils m'ont demandé de couper le gâteau."

Par Caroline Politi, L'Express.fr

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