Un Français parmi les bourreaux du groupe jihadiste

17/11/14 à 20:33 - Mise à jour à 20:32

Source: Belga

Un, voire deux Français, ont participé à la décapitation de prisonniers syriens par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), a annoncé lundi Paris, mettant en lumière l'engagement de Français en Syrie où ils représentent l'un des plus gros contingents d'Européens.

Un Français parmi les bourreaux du groupe jihadiste

© Reuters

L'identification sur une vidéo du groupe EI d'un Français, Maxime Hauchard,22 ans, parmi les bourreaux de ces détenus, a été confirmée lundi par le procureur de Paris François Molins, qui a fait état de la présence "possible" d'un second Français du même âge. "Il pourrait s'agir, compte tenu des éléments de ressemblance, d'un jeune converti né en 1992 et parti rejoindre les rangs de l'Etat islamique en août 2013", a précisé le procureur.

Une enquête pour assassinat en bande organisée dans le cadre d'une entreprise terroriste "visant les agissements de deux Français" a été ouverte en France, a ajouté le magistrat. Maxime Hauchard était déjà "visé depuis août 2014 par une enquête préliminaire pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", selon une source judiciaire.

Dans la vidéo diffusée par l'organe médiatique de groupes jihadistes Al-Furqan, le groupe revendique également la décapitation de l'otage américain Peter Kassig en représailles à l'envoi de conseillers militaires américains en Irak.

Sur les images, on voit notamment un jeune jihadiste barbu, vêtu comme ses compagnons d'un treillis de camouflage, identifié comme Maxime Hauchard. Au milieu d'une file, il conduit de la main gauche un prisonnier au crâne dégarni avant de saisir un couteau de commando, pris dans un seau.

Puis les prisonniers sont alignés à genoux, un jihadiste derrière chacun d'entre eux. Maxime Hauchard porte un couteau dans la main droite et pose la gauche sur le col du prisonnier. On ne le voit pas exécuter son otage mais on distingue ensuite la tête de sa victime détachée de son corps.

"Leur faire faire ce genre d'horreur est à la fois un test, - vont-ils en être capables ? - et vise à les fidéliser au sein du groupe", a commenté un haut responsable français de la lutte antiterroriste. "Une fois qu'ils sont apparus commettant ce genre d'acte à visage découvert, il n'y a plus de retour en arrière possible. C'est une façon de les prendre eux aussi en otage".

Un millier de Français sont actuellement impliqués dans le jihad en Syrie et environ 375 d'entre eux sont présents en Syrie et en Irak, faisant d'eux l'un des plus importants contingents occidentaux. Au moins 36 Français ont déjà trouvé la mort dans ces pays. Au total, quelque 3.000 ressortissants européens étaient à la fin septembre recensés dans la région pour y faire le jihad, selon le coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove.

Nos partenaires